Ni medium ni gourou, je suis un être humain comme les autres qui se posait des questions sur le pourquoi du comment. J'ai été séduit par la théorie de la réincarnation, mais comme je ne crois que ce que je vois, j'ai décidé d'aller moi-même explorer mes vies antérieures, « pour voir ». Et ce que j'ai découvert m'a définitivement convaincu. Aujourd'hui je continue d'explorer mes vies antérieures, par des régressions comme on appelle ça, et je reconstitue petit à petit le parcours de mon âme à travers les âges. J'ai élargi mon champ d'intérêt à tout ce qui est en lien avec la réincarnation, principalement les domaines de l'esprit et de l'inexplicable, et aussi l'histoire et l'archéologie.

A travers ce blog j'espère apporter un peu de réponses à ceux qui en cherchent encore. Mais surtout ne me croyez pas sur parole, faites vous-même l'expérience ! Ma méthode de régression dans les vies passées est dispo pour tous: voir l'article 9- vos vies passées. Mais prenez le temps de lire les articles précédents avant toute chose. Il vaut mieux savoir de quoi il s'agit et être complètement informé avant de se lancer.

Vous pouvez lire les articles comme vous le souhaitez. Mais le mieux est quand même de les lire dans l'ordre chronologique, je les ai numérotés à cet effet. Aidez-vous du menu.

J'ai aussi entrepris de monter une encyclopédie des vies antérieures. Elle est encore en construction, mais vous pouvez déjà la consulter ici:WIKI PLP

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24- le centurion romain, les traumas du passé


Dans cet article je vais parler de souvenirs assez douloureux. Car j'ai décidé de raconter ma vie antérieure chez les romains, et ce n'est pas très joli, c'est le moins qu'on puisse dire. J'avais déjà évoqué cette vie sous le nom de Gracius dans l'article 3- le romain et le druide. J'avais peu d'informations à ce moment-là mais j'avais tout de même pu clairement situer cette vie à l'époque de la conquête de la Gaule par Jules César. Et déjà les évènements que j'avais fait remonter du passé montraient que Gracius n'était pas quelqu'un de moralement recommandable. « Je » n'étais pas quelqu'un de recommandable. Il serait trop facile de se dissocier des souvenirs qu'on retrouve en régression vers les vies antérieures. On pourrait se dire « ce n'est pas moi, c'est pas ma faute ». Mais non, au contraire, il faut assumer. Tout le monde fait des conneries. Et d'après ce que j'ai retrouvé depuis, il y en a eu plus d'une. Car j'ai beaucoup de nouvelles informations sur cette vie passée, et ça n'améliore pas l'image de mon pauvre romain. C'est à un tel point que je commençais à me dire que je ne pouvais pas tout raconter. Et pourtant si, il le faut bien. Depuis le début de cette aventure le maître mot est la transparence, et j'avais décidé de tout dire afin que le lecteur puisse se faire sa propre opinion. Bien comme mal, tout doit être mis sur la table, car si j'omets une partie quelle qu'elle soit, l'opinion qu'on pourrait se forger d'un regard extérieur pourrait être faussée. Je me résous donc à raconter tout ce que je sais de Gracius le romain, et je vais remettre les régressions dans ce qui me semble être l'ordre chronologique. C'est l'occasion, vous le verrez, de montrer encore une fois à quel point nos vies antérieures forment un puzzle dans lequel chaque pièce mène d'une vie à l'autre.

Celui qui s'appelle Gracius est né dans la première moitié du 1er siècle avant JC, certainement dans la région qu'on appelle à l'époque la Gaule cisalpine (le nord de l'Italie). On sait, d'après les régressions que j'ai déjà racontées, que Gracius va s'enrôler dans la légion pour la guerre des Gaules. Or Jules César a recruté les dernières troupes dont il avait besoin en Gaule cisalpine. Le garçon vit dans une ville romaine de province donc, dans une famille aisée qui possède une belle villa au bord de l'eau. Cette ville de province, dans cette région, pourrait être la ville romaine nommée Aquilée sur la côte adriatique. Elle se trouve non loin de Venise où j'aurai une autre incarnation quelques siècles plus tard (voir l'article 18- l'alchimiste), mais Venise n'existait pas encore à cette époque et Aquilée est donc une possibilité intéressante.
J'ai eu quelques aperçus de la vie en famille dans cet endroit, c'était vraiment une belle vie. Il y avait d'abord ma mère, une dame élégante avec son voile sur la tête. Elle passait du temps assise dans le jardin sous les arbres. Son nom était Olavia. Dans ma vie actuelle elle est devenue ma tante et marraine. J'ai vu aussi une jeune fille qui m'accompagnait dans les couloirs de la villa aux couleurs chaudes. C'était peut-être une sœur ? En tout cas aujourd'hui c'est un garçon et c'est un de mes fils.
Et bien sûr il y avait mon grand frère dont je suivrai la trace pendant de nombreuses années. Lui aussi je l'ai retrouvé dans le présent, car c'est mon père. Pour son nom à l'époque j'ai perçu quelque chose comme Olarius ou Olavius. La similitude avec Olavia, le nom de ma mère, me fait penser qu'il s'agissait en fait peut-être de notre nom de famille. Car chez les romains le nom de famille se déclinait en -us pour les hommes et en -a pour les femmes. Dans ce cas mon propre nom serait peut-être Gracius Olavius. Ce qui est sûr, c'est qu'avec ce grand frère nous n'étions pas très sages. J'ai vu une scène où, alors que nous étions enfants, il m'emmenait dans les rues de la cité. Puis il me faisait grimper un mur. De l'autre côté c'était un verger, des abricotiers y étaient cultivés. Je faisais ma petite récolte, puis nous allions nous cacher dans un coin pour déguster les fruits que j'avais chipés. Après cette régression je me suis demandé s'il y avait des abricots chez les romains. J'ai cherché. L'abricot est originaire de Chine, et il se trouve que la première mention qui en est faite dans un texte romain date du 1er siècle après JC. Donc s'il y en avait à l'époque de Gracius, ils devaient être introduits dans la région depuis peu de temps. C'était sûrement un produit de luxe, et c'est pourquoi on prenait des risques pour s'en procurer. Et ce qui est amusant, c'est que 1700 ans plus tard, ce grand frère et moi nous réincarnerons dans une famille de producteurs d'abricots en Catalogne (voir l'article 16- le paysan catalan). Clin d'oeil du destin !
A l'adolescence où lorsqu'il devient jeune adulte, Gracius commence à succomber à ses penchants pervers. J'avais déjà évoqué le viol qu'il commettra sur une prisonnière gauloise pendant la guerre et j'y reviendrai. J'avais parlé aussi de sa bisexualité, homme ou femme, tout était bon pour assouvir ses fantasmes. Et d'ailleurs les romains étaient très tolérants avec ça, même si on pouvait être moqué si on montrait une trop grande attirance pour son propre sexe. Or dans cette scène de jeunesse, je crois qu'il s'agit d'une femme, ou plutôt d'une toute jeune fille. Trop jeune même pour que mon moi du présent l'accepte sans broncher. Je me vois prendre cette frêle silhouette en levrette, pour mon plaisir et je sens bien que je lui fais mal. Quand cette image s'est imposée à moi en tout début de régression, j'ai essayé de l'évacuer. Ce n'était forcément pas ça que je devais voir, ce n'était pas ce que je « voulais » voir. Et pourtant impossible de passer à autre chose, cette image restait imprimée dans mon esprit. Je ressentais à la fois le plaisir pervers de mon être passé, et en même temps le dégoût de mon moi présent. Mon affaire finie, j'ai essayé d'en savoir un peu plus sur cette jeune fille mais j'ai perçu peu de choses. Elle ne semblait pas m'en vouloir, elle m'aimait bien. Elle était peut-être de ma famille. Est-ce que cette relation entre nous lui semblait normale ? Est-ce que la famille était au courant ? Autant de questions que je me pose.

Une autre personne de la famille que j'ai ressentie plus que je ne l'ai vue, c'est mon père, droit et sévère. Mon grand frère Olavius se destinait à l'armée, c'est ce qu'il voulait faire et notre père était fier de lui. Il me semble que j'ai suivi la même voie pour plaire au paternel et gagner moi aussi sa fierté. Mais l'armée n'était pas du tout ma vocation.
Mon frère et moi nous enrôlons donc dans la légion. On se retrouve au milieu d'une foule de jeunes gens qui se pressent pour prêter serment chacun à leur tour. Il doit s'agir de la campagne de recrutement de Jules César afin de renforcer ses troupes avant son intervention en Gaule. En Gaule cisalpine il fait recruter deux nouvelles légions en 58 avant JC , les légions XI et XII. J'ai la sensation que je serai dans la XII. César n'est pas là personnellement au recrutement, déjà occupé en Gaule transalpine. Mais un de ses lieutenants est là, un homme aux cheveux grisonnants, un légat, peut-être celui que j'ai identifié comme étant Lucius Aurunculeius Cotta. J'en reparlerai plus loin. Notre relative fortune familiale fait qu'avec mon frère on évite d'être dans la troupe et on peut prétendre à un grade d'officier subalterne, sans doute centurion. Mais on doit tout de même passer des tests, faire nos classes. Je ne suis pas très grand, plutôt trapu et un poil grassouillet, ce n'est pas une mince affaire. Je me vois galérer à franchir des obstacles dans une sorte de parcours du combattant. Je suis en compagnie d'un bel athlète bronzé et musclé, un type nommé Catulus. Je m'applique à essayer de le suivre, peut-être qu'il m'aide un peu et grâce à lui sans doute je passe l'épreuve. Aujourd'hui cet homme est mon fils aîné, et il n'a pas changé, toujours aussi sportif.
Plus tard avec mon frère nous enfilons avec fébrilité nos tenues de centurions, casques à crêtes et cuirasses. Nous sommes nerveux, c'est peut-être la première revue de troupes avant le grand départ. Et peu après les nouvelles légions rejoignent la Gaule. C'est à ce moment que nous avons dû passer sur le territoire des Caturiges, une tribu gauloise dont j'avais assez clairement perçu le nom. Cette tribu était localisée dans la vallée de la Durance, lieu de passage pour traverser les Alpes.

Je me vois marcher sur une voie entourée de forêt. Toute la légion est en marche. A côté de moi un homme suit mon pas. C'est mon second, un soldat viril qui porte un nom comme Medentius ou quelque chose d'approchant. Je sais qu'il n'apprécie pas mes manières, il a déjà compris que je n'étais pas un guerrier dans l'âme. Mais il est compétent et je me repose beaucoup sur lui. Cet homme est aujourd'hui mon frère. Nous faisons ensuite une pause avec la troupe sur un terrain herbeux. Avachi dans l'herbe je discute avec mon second. J'ai l'impression qu'on doit hâter le pas pour rejoindre César et le gros de l'armée.
Dans une autre scène, plus tard, nous nous retrouvons réunis avec de nombreux officiers sur une hauteur boisée. On a une vue sur ce qui me semble être une cité, plus loin en contrebas. On se prépare sûrement à un affrontement. Notre supérieur fait le point et nous donne ses instructions. C'est sans doute un tribun, un officier supérieur. J'entends un nom qui sonne comme Sucellus. Lui aussi je l'ai ressenti comme étant de ma famille aujourd'hui, un de mes neveux. Quant à la cité aperçue, j'ai eu la sensation que c'était Bibracte. J'ai eu l'occasion de travailler sur un projet artistique en lien avec cette cité gauloise et elle ne m'était donc pas inconnue. Or quand on regarde le déroulement de la Guerre des Gaules décrit par César dans ses écrits, on se rend compte qu'il y a bien eu une bataille à Bibracte. En fait la campagne en Gaule est déclenchée par la soudaine migration des Helvètes, tribu gauloise de Suisse, qui viennent bousculer les tribus gauloises alliées de César. Celui-ci vient donc avec son armée pour aider ses alliés et renvoyer les Helvètes chez eux. Et c'est bien à Bibracte, en 58 avant JC, qu'a lieu la bataille décisive contre eux. Le déroulement de la bataille est décrit précisément par César. Les Helvètes ne font pas le poids et sont facilement mis en déroute par les romains, pourtant moitié moins nombreux mais mieux organisés. Les légions XI et XII, dans laquelle se trouve Gracius, restent en soutien en retrait et n'ont même pas besoin d'intervenir.

Même engagé dans la légion et en campagne en Gaule, je n'abandonne pas pour autant mes penchants lubriques. Je profite des quartiers libres pour goûter aux délices de la Gaule. Je me vois dans un jardin participer à une sorte de pique-nique coquin avec d'autres personnes. Nous sommes quasiment nus, et il y a notamment un bel éphèbe près de moi. Nous mangeons et profitons des plaisirs de la vie. Tout à coup le tribun Sucellus surgit au milieu de la fiesta, pas content apparemment, en tenue militaire. Il vient me tirer de force de cet endroit pour me rappeler que le farniente est fini et que j'aurais déjà dû regagner mon poste. J'avoue avoir quand même ressenti de la honte à ce moment-là. Mais cette honte est passagère et ne m'empêche pas de continuer mes conneries. Car, je l'avais raconté la première fois, je vais même aller jusqu'à forcer sexuellement une prisonnière gauloise. Depuis j'ai obtenu plus de détails sur cette scène et sur cette prisonnière, et c'est encore plus glauque que je ne croyais. Cette jeune femme s'appelait sans doute Armena, et on devait la faire parler. Les femmes avaient un pouvoir important chez les gaulois, et il n'était pas étonnant que celle-ci détienne des informations de premier ordre. Je voulais le faire, je voulais lui soutirer ces informations, je voulais réussir cette mission importante et montrer à ceux qui me méprisaient que je pouvais le faire. Et pour y arriver j'ai eu une idée fabuleuse ! J'allais utiliser ce que je faisais de mieux, le sexe. Et si ça assouvissait mon désir par la même occasion ce n'en était que mieux, il ne faut pas se le cacher. La prisonnière était attachée dans une tente, allongée sur le dos, et je l'ai donc violée sous ce prétexte minable. Je n'ai pas vu en régression l'acte proprement dit, heureusement, mais le dégoût et la honte, je les ai bien ressentis par contre. Et encore ce n'est pas fini. Car après j'offre la prisonnière à mes hommes. Je ne sais pas à combien d'entre eux j'ai octroyé ce « privilège », mais j'étais dehors à côté de la tente et j'entendais les cris de la malheureuse alors que mes soldats la torturaient à leur tour. C'était horrible, insupportable à revivre dans le présent, et je crois que même à cette époque Gracius se sentait mal d'être responsable de ça. Plus tard, je crois que je garderai la jeune femme brisée comme esclave... J'espère que vous vous rendez compte le traumatisme que ça peut être de revivre un truc pareil. Heureusement que j'avais déjà l'expérience de nombreuses régressions et une certaine maturité quand j'ai retrouvé ces souvenirs, ça m'a permis de prendre du recul. Mais le pire, c'est quand j'ai compris que j'avais de nouveau rencontré l'âme de cette prisonnière gauloise dans ma vie présente. Là je suis désolé, je ne vais pas rentrer dans les détails car ça touche au très intime. Je vais juste dire que j'ai compris, des années après, que ma première petite amie alors que j'étais étudiant dans les années 1990 a été cette Armena. Et tout s'est éclairé d'un seul coup ! Notre relation brève et intense s'est terminée amèrement par des évènements et des comportements de part et d'autres qui s'expliquent complètement par ce que nous avions vécu en tant que Gracius et Armena. Et je vais même plus loin. J'ai une conviction intime, mais elle reste une simple hypothèse car je ne l'ai pas encore confirmée par une régression. Souvenez-vous cette femme dont j'ai parlé dans l'article 15 (la jeunesse de Sir Hoghton), cette âme qui s'est incarnée tour à tour en Mary la jeune sœur de Henry Hoghton puis en Marie Louise Laure la « nièce chérie » de Corot, cette relation incestueuse que j'ai eue à chaque fois avec elle, et la même mort qu'elle a eue par deux fois en mettant au monde son premier enfant ; je crois que cette âme est aussi celle qui a été la prisonnière et esclave gauloise de Gracius, puis l'étudiante que j'ai aimée dans les années 90. Je peux vous dire que la régression qui m'a fait revivre toute cette scène de torture puis les révélations qui en découlent, tout ça a été un choc assez difficile à digérer. Quand je vous dis qu'il faut être prêt moralement pour encaisser ce qu'on peut déterrer de ses vies passées...



Quelques temps plus tard, des mois ou peut-être des années, Gracius se retrouve en garnison dans une région de forêt, sous un climat froid et humide. Des scènes vues en régression me l'ont montré dans un camp fortifié romain, sous les ordres d'un homme, sans doute le légat Lucius Aurunculeius Cotta, aux cheveux courts grisonnants et au casque à grande crête rouge et blanche. Dans le camp l'ambiance est au calme, les hommes se reposent. Je joue parfois avec d'autres sous-officiers aux dés ou aux osselets. J'apprécie aussi mes conversations avec un collègue nommé Carrucarius ou quelque chose d'approchant. Il est cultivé et on peut discuter ensemble de philosophie ou d'autres sujets intellectuels. Cet homme aujourd'hui est toujours proche de ma tribu d'âmes, c'est un vieux copain. D'ailleurs il semble qu'au moins un autre copain de jeunesse ait été incarné dans cette garnison romaine sous un nom ressemblant à Homologorus.
Une autre scène, plus tard : l'armée a quitté la garnison, elle est en marche dans une forêt grise et lugubre. Un nom me vient, Ardenne. Les soldats marchent en formation très étirée entre deux crêtes forestières. A côté de moi se trouve mon adjoint Medentius, et non loin il y a Homologorus et Catulus, le costaud avec qui j'avais fait mes classes. Nous ne sommes pas sereins, on reste attentifs. On s'attend à un coup fourré de la part des gaulois de la région. Ils ont une réputation terrible et nous craignons de les affronter. Et tout à coup ça arrive ! Ils déferlent des crêtes en hurlant, des deux côtés. Le défilé dans lequel nous sommes est trop étroit pour se mettre en formation de défense. On dégaine nos armes en appelant à l'aide l'avant-garde et l'arrière-garde. J'ai aussi mon glaive à la main mais j'essaie d'éviter le combat, c'est le chaos autour de moi et je ne veux pas mourir. Heureusement ce n'était qu'un premier assaut et les gaulois se retirent rapidement. Mais ils ont déjà eu le temps de faire des dégâts. Je vois Medentius qui soutient Homologorus, blessé. Et moi, terrifié, je me suis pissé dessus !
Les gaulois vont continuer de nous harceler sur le chemin. Plus tard pendant un autre assaut, je n'ai pas le choix et je me retrouve au combat face à un guerrier gaulois. Je me défends mais je sais bien que je ne fais pas le poids, la fin est proche. Soudain Catulus vient à mon secours et me sauve la vie.
Quand la bataille se termine, par miracle je suis toujours vivant. Mais autour de moi c'est un charnier. Le fond du défilé est couvert de cadavres, principalement des romains. Il s'est mis à pleuvoir très fort, et il n'y a presque personne d'autre debout autour de moi. L'eau envahit le défilé et monte rapidement. J'aperçois le visage blême de Catulus, mort, le visage tourné vers le ciel. L'eau monte et le recouvre, puis l'engloutit complètement.
Plus tard, je me vois à cheval galopant dans la forêt brumeuse. Je vais prévenir le gros des troupes de ce qui s'est passé. Je crois que mon frère Olavius se trouve là-bas, heureusement loin de ce lieu de mort. J'ai un sentiment étrange de trahison.
Tout cet épisode, je l'ai revécu en régression de manière intense, avec la peur de la mort et l'adrénaline du moment. Ca m'a laissé un souvenir assez traumatisant. Bien sûr j'ai fait immédiatement des recherches pour savoir si des troupes romaines avaient subi un tel événement au cours de la Guerre des Gaules. Et je n'ai pas été déçu. Voici ce que j'ai trouvé. En 54 avant JC, des troupes étaient en quartier d'hiver en Ardenne belge au camp fortifié d'Aduatuca, sous les ordres de Quintus Titurius Sabinus et de Lucius Aurunculeius Cotta, légats de César. Sur une fausse information d'Ambiorix, chef gaulois de la tribu des Eburons, ils quittèrent le camp avec leurs troupes afin d'éviter une attaque gauloise et pour rejoindre probablement les troupes de Titus Labienus, second de César, qui étaient en quartier d'hiver chez les Rêmes (région de Reims). En fait Ambiorix et son armée tendirent une embuscade dans une vallée, peut-être celle de l'Ourthe, dans un défilé exactement comme je l'ai décrit. La bataille dura toute la journée, en plusieurs assauts, et Sabinus et Cotta, les légats de César, furent tués. La plupart des romains furent massacrés, ce fut la plus grosse perte romaine depuis le début de la guerre. Le chef que j'ai décrit pour ces troupes est clairement associé à mon grand-père maternel, c'était le focus que j'avais choisi pour la régression où je l'ai vu . C'est donc soit Sabinus soit Cotta, et je suis persuadé que c'est Cotta à cause d'un détail précis. Dans le récit de la bataille tel que l'a retranscrit César, il est précisé que Cotta a encaissé un tir de fronde dans la tête. Ce n'est pas ce qui l'a tué, mais ce fait a été suffisamment marquant pour qu'on le rapporte à César et que celui-ci l'écrive pour la postérité. Or mon grand-père est mort à la guerre d'Algérie, d'une balle dans la tête. Et il était né en Belgique, à la lisière des Ardennes belges. Autre fait intéressant, une autre de mes vies antérieures, quelques siècles plus tard, est probablement située à peu de choses près au même endroit. Souvenez-vous de Gabriel, l'écuyer devenu responsable d'un château (voir l'article 22- la châtelain malgré lui). Je pensais avoir identifié en ce château celui de Franchimont, tout juste dans la même région. Mon adjoint romain Medentius s'est alors réincarné en Chevalier Hubin, alors que moi je suis devenu son écuyer : inversion logique des rôles. Vous voyez comme tout s'emboîte comme les pièces d'un puzzle ! Quand des éléments de plusieurs vies se font écho comme ça en se revoyant la balle comme au ping-pong, c'est tout simplement une révélation incroyable de la complexité et de la logique de l'univers.

J'ai eu peu de visions de la suite de ma vie de Gracius après ça. J'ai surtout l'impression que ce carnage a fini de me décider à ne pas rester dans la légion. Il est possible que j'ai continué encore un peu mais ça n'a certainement pas duré. J'ai vu une scène que je situe dans le sud de la Gaule, dans laquelle je rencontrais un vieil homme et sa femme dans un village aux bâtisses de briques rouges. Ces gens étaient peut-être liés à Medentius. Est-ce que je suis allé à leur rencontre après la mort de leur fils ? C'est une possibilité, et ça montrerait alors que j'ai su faire preuve d'un peu d'humanité... si ça peut me rassurer.
J'ai sans doute continué mon voyage de retour après la guerre jusqu'à ma ville natale. Car je me suis clairement vu face à une pierre tombale gravée, sous des arbres qui étaient sans doute ceux du jardin familial. C'était la tombe de ma mère, qui reposait donc à l'endroit où elle aimait passer du temps autrefois.
Puis, libre de toute attache, je suis peut-être finalement allé m'installer plus loin au-delà des mers, puisque, comme je l'avais évoqué dans le précédent article sur cette vie, j'avais eu une vision de cité méditerranéenne ensoleillée, en Afrique du nord ou au proche-orient.

Voilà ce que je sais de cette vie à l'heure actuelle. Je peux vous assurer que cet article a été le plus difficile à écrire de tous ceux que j'ai rédigés jusqu'à présent. Cette vie romaine réveille des souvenirs douloureux et dérangeants qui ont eu de graves répercussions dans ma vie présente. Et à ceux qui croient, car je l'ai déjà entendu, que ces « prétendus souvenirs de vies antérieures » sont un moyen d'avoir une vie plus romanesque et aventureuse que la réalité, je répondrai qu'il y a des vies dont on préfèrerait qu'elles n'aient pas existé. Il n'y a rien de romanesque et d'enviable dans ma vie de Gracius le romain. Mais à présent j'essaie de prendre ces souvenirs avec philosophie. Il faut accepter ses erreurs et ne rien renier de ce qu'on a été. Car ce sont aussi ces faux pas qui nous font avancer. Celui qui n'est jamais tombé au plus bas ne sait pas ce que c'est que se relever.

Et retrouvez déjà le prochain article en avant-première (dans les news) !
 

23- la guérisseuse africaine, les mystères de la mort

 Je vais rester dans la continuité de l'article précédent, où je disais que je souhaitais explorer ce qui se passait entre les vies, après la mort et avant la naissance. Mais je n'ai pas encore assez d'informations sur cette période plus ou moins longue entre deux incarnations, avant que l'âme ne revienne prendre un corps de chair sur Terre. Je décide donc de m'attarder plutôt sur les moments de transition que sont la naissance et la mort. Car sur ces points précis, par contre, j'ai eu des souvenirs assez parlants. J'ai évoqué précédemment ce que j'avais vu sur la naissance, et les instants difficiles, le parcours du combattant que vit à ce moment-là le nouveau-né. J'avais montré aussi que les traumatismes vécus à l'instant de la naissance pouvaient rester ancrés et impacter toute une vie, voire même plus loin et se manifester sur plusieurs vies.
Cette fois je vais aller à l'autre bout de l'existence terrestre et essayer de comprendre ce qui se passe au moment de la mort. J'ai fait des régressions exprès pour essayer de comprendre cet instant très particulier. Je l'ai revécu pour trois de mes vies antérieures : d'abord celle de Giovanni Castrioto dans l'Italie de la Renaissance et j'en ai déjà un peu parlé, ensuite celle que j'ai vécue en Afrique dans la peau d'une femme, et enfin celle d'un guerrier de type mongol, celui qui pratiquait les arts martiaux, souvenez-vous. En ce qui concerne le guerrier mongol et Castrioto je ne parlerai que du moment de leur mort, car j'ai déjà développé la vie de l'alchimiste italien dans un précédent article, et je détaillerai plus largement celle du guerrier mongol dans un prochain. Quant à la femme africaine, je vais en profiter ici pour raconter les éléments de sa vie que j'ai découvert depuis la dernière fois que j'en avais parlé (c'était dans l'article 7- les vies simples).

Si vous vous souvenez, cette existence était la première dans laquelle je m'étais vu en femme. Et ce n'était pas n'importe quelle femme, c'était une grosse mama africaine aux seins nus qui vivait dans un village de cases. C'était une expérience, parce que ce personnage est bien loin de ce que je suis aujourd'hui ! L'environnement ressemblait à une savane ou une forêt clairsemée. Tout ce que je savais de cette femme, c'est qu'elle était plus ou moins guérisseuse et herboriste. Le peu de choses que j'avais vu ne me permettait pas de dire exactement où ni quand ça se situait. J'avais une vague intuition pour l'Afrique de l'ouest, par rapport à des éléments de ma vie actuelle, mais rien de plus. Je vais donc vous exposer les régressions qui m'en ont appris davantage, en respectant à peu près l'ordre chronologique de cette vie.
J'emprunte donc le tunnel du temps pour essayer d'en savoir plus. Je ne me retrouve pas dans le corps d'une femme adulte cette fois, mais d'une enfant. C'est une petite fille noire presque nue qui gambade dans la nature en compagnie d'un garçon de son âge. Sont-ils juste amis ou de la même famille ? Je n'en sais rien, et de toute façon dans un petit village d'Afrique tout le monde était plus ou moins du même groupe familial. Ce qui est sûr c'est que ce petit garçon est aujourd'hui un de mes fils. Nous explorons la nature ensemble, et nous nous cachons ventre à terre au bord du fleuve pour observer les animaux qui prennent un peu de fraîcheur au bord de l'eau. Ce sont des antilopes, peut-être des gnous. Je n'en ai pas vu plus dans cette régression. Par contre ce qui est intéressant c'est que récemment j'ai fait un rêve où je voyais des hippopotames nains s'ébattre dans un cours d'eau. Certains m'ont aperçu et sont sortis de l'eau pour venir vers moi. J'ai alors détalé en courant pour leur échapper. Depuis peu de temps j'ai commencé ainsi à faire des rêves où je vois des éléments que j'associe clairement à des vies antérieures. Plus certainement, je devais déjà en faire avant sans y prêter attention. Et je suis persuadé que cette vision d'hippopotames nains me vient de cette vie africaine. Une prochaine fois je rédigerai peut-être un article complet sur les rêves, car quand on commence à s'y intéresser ils nous dévoilent beaucoup de choses qu'on n'aurait pas imaginées.
Mais revenons au récit de cette vie. Une autre régression m'amène encore dans la jeunesse de cette africaine. Cette fois je la ressens comme adolescente, un peu plus tard. Je marche encore dans la nature mais seule cette fois, toujours quasiment nue. Je pose mes pieds par-ci par-là, avec attention car je ne veux pas écraser les plantes. Au contraire je les observe car c'est ce que je cherche. Je cueille celles qui me semblent intéressantes, des plantes médicinales, et je les ramène à la vieille guérisseuse du village. Je vois les autres enfants jouer mais je ne peux pas aller avec eux. Je dois apprendre auprès de la vieille femme, et je ne fais que les regarder de loin. Je suis destinée à succéder à la guérisseuse. Et elle m'apprend son savoir durement, elle est sévère. Cette vieille femme, je la connais aussi aujourd'hui, c'est une de mes nièces. En fait il semble que dans ce village africain se soit incarné tout un groupe d'âmes qui correspond dans le présent à la famille proche de mon épouse. Celle-ci est d'origine africaine, et donc ceci explique cela. Mais ce qui est surprenant, c'est que j'avais retrouvé les premiers souvenirs de cette vie passée avant même de la rencontrer dans le présent.
Retour à la vie de cette apprentie guérisseuse, je traverse de nouveau le tunnel du temps. Cette fois je suis adulte, telle que je m'étais déjà vue la première fois, bien en chair, seins nus. Je me trouve au sein d'un rassemblement. Il y a beaucoup de monde, c'est même la foule, et je pense que la population de plusieurs villages est réunie là. Nous sommes au bord d'un grand fleuve, et c'est très festif. On danse beaucoup, et moi-même je me laisse aller au son des percussions. Un nom me vient, mon prénom, quelque chose qui ressemble à Tcheya. Les festivités continuent. Sur le fleuve on organise des courses de pirogues. Je vois une jeune fille dont on a couvert le corps, y compris le visage, de symboles de forme circulaire peints en blancs. J'ai l'impression qu'elle est assez proche de moi, peut-être une nièce dans cette vie-là. Son nom ressemble à Amana. Par contre aujourd'hui c'est ma belle-soeur, encore du côté de mon épouse bien sûr. On dirait qu'un guerrier d'un autre clan s'intéresse à elle, il y a des regards qui ne trompent pas. Et c'est assez amusant, parce que cette scène ressemble beaucoup à celle que j'avais décrite dans l'article sur la vieillesse de Sir Hoghton (article 20), le baronnet anglais du 18e siècle. Ma belle-soeur, qui s'appelait alors Anne Boughton, était avec mon épouse et moi à une réunion de gentlemen autour d'une course de lévriers. Et cette jeune fille se faisait courtiser par un homme qui est devenu aujourd'hui son mari. Et vous l'avez sûrement deviné, ce guerrier africain c'est lui aussi évidemment. Drôle de répétition !
Cette façon de peindre le corps des jeunes filles me fait penser qu'il s'agissait sans doute d'un rite de passage à l'âge adulte. Tout ce rassemblement, cette fête, n'était peut-être destiné qu'à ça : officialiser l'entrée des jeunes gens dans la société des adultes, favoriser les rencontres et entretenir les liens entre les tribus par la même occasion.
Cette scène m'a aussi aiguillé sur le lieu où ça pouvait se passait. Car en cherchant un peu j'ai découvert qu'aujourd'hui encore des courses de pirogues étaient parfois organisées. J'en ai vu des photos, en particulier sur les bords du fleuve Niger au Mali. C'est l'Afrique de l'ouest, ça correspond à ce que je pressentais, et l'environnement naturel colle aussi avec ce que j'ai vu. Historiquement des royaumes se sont constitués autour de ce fleuve. Maintenant que je connais beaucoup de mes vies antérieures, je peux dire que cette vie africaine se situe probablement avant l'an 1000, car plus tard ma chronologie est déjà bien remplie. Or à cette période existait sur les rives du fleuve Niger le royaume du Wagadou (ou Ouagadou). Ce n'est encore qu'une hypothèse mais cette vie pourrait se situer à cet endroit et à cette époque, ou peut-être plus loin encore dans le passé.
Malheureusement pour ma nièce Amana, elle n'aura pas le temps de profiter de sa vie d'adulte. Peu après, elle tombe très malade. Et bien sûr en tant que guérisseuse, c'est à moi, Tcheya, de m'occuper d'elle. Je veille à ses côtés dans la pénombre de la case familiale. Je confectionne des onguents, notamment en mâchant des herbes, et je lui applique mes médicaments naturels. Je lui fais des masssages, je récite des incantations pour chasser les mauvais esprits. Ses parents assistent, impuissants, à ce qui se passe. Et malgré tous mes efforts, l'issue est fatale. L'histoire est encore la même que dans sa vie anglaise, dans laquelle elle est décédée très jeune. Une cérémonie funéraire est organisée, un soir autour d'un feu de joie. Des hommes sont costumés et dansent autour du brasier, les femmes sont maquillées. J'essaie de réconforter les parents. Je crois que le père est le doyen des guerriers du village.
Or j'ai vu ce personnage dans une autre scène, dans une autre régression. Je me voyais assise dans le village en pleine journée, occupée à préparer un bon plat cuisiné. C'est du poisson tout frais pêché. Je le cuis à la braise, et j'y ajoute des herbes spéciales. En tant qu'herboriste du village il n'y a que moi qui peut faire ça, car ces herbes ont le pouvoir de donner de la vigueur, où du moins c'est ce que j'ai appris. Ce plat est destiné aux guerriers du village. Et ceux-ci sont ravis de ce que je leur ai préparé. Ils approchent avec de grands yeux, torses nus, attirés par l'odeur alléchante. Parmi eux il y a le vieux guerrier avec ses cheveux et sa barbe grise. Il est inflexible, il a un visage dur. Avec lui, les jeunes sont menés à la baguette. Aujourd'hui cet homme est près de moi de nouveau. Mais comme j'étais une femme à l'époque, lui aussi a changé de sexe. Avez-vous deviné ? Et oui, il s'agit de mon épouse. Et je retrouve bien aujourd'hui cet esprit guerrier en elle. L'un des jeunes guerriers est proche de moi aussi. Je l'ai vu m'escorter quand j'allais parfois dans la forêt me réapprovisionner en plantes. Dans ma vie présente il est devenu mon fils aîné, celui que j'avais reconnu comme un homme-jaguar olmèque dans un passé plus lointain encore.
J'en arrive maintenant à la fin de cette vie et au sujet numéro un de cet article. Tcheya est proche de la mort. Elle est âgée, et elle a encore grossi. Son poids est devenu un gros problème, sa santé s'en ressent. Dans sa peau je me sens complètement impotente. Je ne me déplace presque plus, j'en suis incapable, et je passe mes journées cloîtrée au fond de ma case. Ceux qui ont besoin de mes conseils viennent me consulter ici. Je respire de plus en plus difficilement. Et un jour tout s'arrête, comme ça. Il n'y a pas de souffrance, je n'en ai pas l'impression, et d'ailleurs j'ai à peine la sensation d'avoir quitté le monde des vivants. Je vois encore ce qui se passe dans ma case, je flotte au-dessus de mon corps et je me sens légère. Je reste attachée à ce lieu, je le vois comme si je l'habitais encore. Même après qu'on ait enlevé mon corps décédé, je ne sors pas de cette case. Je sens que je reste là longtemps, que je hante cet endroit de ma présence. Hanter n'est pas vraiment le mot d'ailleurs, car je ne fais peur à personne, au contraire. C'est plutôt une présence bienveillante. Malheureusement la régression s'est arrêtée là et je n'ai pas vu de quelle manière j'ai finalement quitté ce monde. Ce qui fait plaisir c'est que cette fin de vie a semble-t-il été plutôt paisible malgré les soucis de santé.


Laissons donc Tcheya de côté maintenant qu'elle repose en paix, et passons à une autre vie pour voir si les choses se passent toujours de la même manière. Cette fois je vais aller aux derniers instants du guerrier mongol. Lorsque j'en avais parlé précédemment (dans l'article 7- les vies simples), j'avais juste eu une brève image de lui. C'était un homme asiatique, au crâne plus ou moins rasé avec une longue natte dans le dos. Il portait des vêtements amples et pratiquait des mouvements d'arts martiaux dans un environnement plutôt aride. J'en ai découvert davantage sur cette vie depuis mais je ne vais pas développer maintenant. J'en parlerai plus en détails dans un prochain article. Pour situer le contexte je peux dire que ce guerrier mongol faisait probablement partie des peuplades qu'on a globalement appelées les Huns, donc vers le 4e ou 5e siècle après JC. C'était un peuple nomade dans une période de grandes migrations. Or à la fin de cette vie, il semble que je me sois sédentarisé. J'ai vu de petites maisons de bois où nous avons probablement fini par nous installer. C'est dans une de ces petites maisons que j'ai passé mes vieux jours au côté de mon épouse. A la fin j'étais affaibli, peut-être malade ou alors c'était simplement la fatigue de la vieillesse. J'étais assis, emmitouflé dans une couverture ou une fourrure, et ma femme, à côté, me tenait la main. Je savais que la fin était proche, j'en ai l'impression, et à ce moment-là on dirait que j'avais déjà un pied de l'autre côté. Car il me semblait voir autour de moi des silhouettes fantomatiques, celles de personnes décédées que j'avais connues au long de ma vie. Elles ne m'effrayaient pas, bien au contraire, elles étaient pleines de bienveillance. Je sentais qu'elles m'attendaient. J'allais bientôt les rejoindre...
Je n'ai pas vu la suite, la régression s'est arrêtée là. Mais déjà, on constate que l'expérience est assez différente de ce que j'ai revécu avec la guérisseuse africaine. Il est donc évident que le processus de la mort n'est pas identique à chaque fois. Il existe certainement un schéma global qui se répète mais les circonstances du décès influencent l'expérience. Là, j'ai eu l'impression que, main dans la main avec mon épouse, j'attendais l'instant où j'allais quitter ce monde, ce n'était qu'une question de minutes ou d'heures. Cette attente paisible, sans peur, avec quelqu'un pour me rassurer et m'accompagner, a sans doute favorisé un passage en douceur où j'ai eu la possibilité d'avoir un aperçu des personnes qui m'attendaient.

Je vais maintenant terminer avec l'expérience la plus complète mais aussi la plus troublante, celle de la fin de vie de Giovanni Castrioto. C'est la plus complète parce qu'elle m'a permis d'aller jusqu'au bout du processus de la mort et d'aller voir ce qui se passait au-delà, jusqu'à quitter ce monde. Mais c'est la plus étrange parce que je n'ai eu que de brèves images, des bribes d'informations qui, finalement, posent plus de questions qu'elles ne donnent de réponses.
J'avais déjà dit quelques mots sur les derniers instants de ma vie de Giovanni, l'alchimiste amateur vénitien. Je me voyais alors bien vieux, peut-être malade. J'étais allongé dans un lit, sous mes couvertures, dans une grande chambre plutôt sombre. J'étais seul. J'ai eu une quinte de toux, j'ai rendu mon dernier souffle et tout à coup je me suis retrouvé au plafond. Je flottais comme un ballon, à deux mètres au-dessus de mon corps, je le voyais nettement. J'étais léger comme une plume. J'étais donc mort, et pourtant je restais conscient, j'existais encore. J'ai eu la sensation de rester là un long moment à me regarder comme dans un miroir. Puis je me suis détourné de mon corps, je me suis élevé et la chambre autour de moi s'est effacée. Je me suis retrouvé dans une pénombre, comme des ténèbres mais ce n'était pas effrayant. J'avançais, avec comme une sensation de montée en même temps. Un point lumineux m'attirait droit devant. Il était loin, c'était la porte de sortie des ténèbres, et je me suis dirigé vers lui. En m'approchant, la lumière très blanche grandissait et m'enveloppait de plus en plus. Je commençais à apercevoir des silhouettes se détacher à l'intérieur de cette lumière. Je voulais les atteindre, c'étaient des êtres accueillants, lumineux. Je ne voyais pas leurs traits mais je ressentais leurs sourires. Ils étaient quelques-uns, au moins trois, peut-être plus. En me rapprochant, j'ai eu la sensation de les reconnaître. Il y avait là l'un des anciens maîtres de la société secrète mort plus jeune que moi, celui qui s'appelait Costello ou Coziello (voir article 18- l'alchimiste) et qui avait été aussi certainement dans une autre vie l'évêque Robert de Torote (voir article 22- le châtelain malgré lui). De cette vie médiévale, celle qui avait été ma nourrice Jaouenne était là aussi, et la troisième personne que j'ai reconnue est le petit garçon africain avec qui j'avais observé les animaux au bord du fleuve. Ils m'accueillirent chaleureusement, c'était un pur bonheur de se retrouver.
Après ça la régression devint chaotique et difficilement compréhensible. Je vis des séquences se succéder sans avoir le temps de comprendre vraiment de quoi il s'agissait. Je me suis retrouvé dans un paysage de verdure, marchant dans l'herbe avec mes proches. Il n'y avait plus de lumière nous enveloppant, cette fois nous étions dans un environnement qui aurait pu être sur Terre, j'avais un corps visible et pourtant je savais que j'étais bien dans le monde des morts, dans l'au-delà. Je trouvais étrange que ça ressemble autant au monde physique. Et pourtant j'apercevais des choses anormales, des formes qui volaient dans le ciel comme des ovnis. Puis une autre image remplaça celle-là, et cette fois je me vis moi-même dans une sorte de cabine de pilotage. Je ne comprenais rien à ce qui se passait, mon cerveau était en conflit avec ce que mon esprit me montrait, refusant quelque chose qui semblait trop loin d'une réalité rationnelle. J'essayais de maîtriser la séquence pour simplement comprendre ce qui arrivait. Je me suis dit « allons voir plus loin, au moment où je vais me réincarner ». Je voulais essayer de savoir comment se faisait le choix de l'incarnation, comment on choisissait où et quand on allait se réincarner, et si on avait notre mot à dire dans l'affaire bien sûr. Malheureusement j'ai manqué ce moment, car je me suis senti alors descendre comme dans un brouillard sombre. J'allais m'incarner dans un nouveau corps, sans avoir pu comprendre comment je l'avais choisi, comment j'en étais arrivé à cet instant. Tout était assez confus, mais je sentis la présence d'un petit corps vivant près de moi, celui du bébé en gestation. Ce corps allait devenir mon corps. La régression tirait à sa fin, je le sentais car je commençais à perdre le contact avec le passé. Mais j'avais envie de savoir quel était ce bébé, était-ce une des vies que j'avais déjà vues ? J'ai essayé d'avoir une dernière image avant que ça ne s'arrête, et là je me suis retrouvé tout à coup quelques temps plus tard, dans le corps d'une petite fille. J'étais avec mes parents, un couple d'apparence indienne avec mon père qui portait une moustache, tel que je l'avais déjà aperçu dans une autre régression. J'ai compris alors que cette fillette était celle qui allait devenir une danseuse sacrée, une devadasi quelque part en Inde (voir l'article 13- la danseuse et le yogi).
Vous voyez donc que, malheureusement, cette régression n'apporte pas beaucoup de réponses sur ce qu'il se passe entre deux vies terrestres, même si elle est très intéressante. Il semble que ce qu'on appelle l'au-delà soit d'apparence assez proche de notre monde physique. On y garde un corps qui, même s'il n'est sans doute pas matériel, ressemble à un corps terrestre. L'environnement ressemble à la Terre, il y avait de l'herbe, peut-être des arbres... et ces espèces d'ovnis. Là effectivement, ça pose des questions. Y a-t-il un lien avec les ovnis dont on a des témoignages sur Terre ? Ces ovnis viennent-ils d'autres planètes, ou bien d'autres dimensions telle que celle qu'on appelle l'au-delà ? Je fais des hypothèses mais je n'ai aucune réponse, bien sûr.
Ce qui est intéressant et plus abordable intellectuellement dans cette séquence, c'est le processus d'incarnation dans un nouveau corps. On voit qu'après un certain temps passé dans l'au-delà, l'esprit « descend » pour s'attacher à un corps physique, un fœtus encore en gestation dans le ventre de sa mère. J'aurais aimé avoir plus de détails sur ce qui se passe en aval et en amont de ce moment, sur la manière dont va s'exprimer le karma notamment, et si l'esprit a un choix conscient à faire à ce sujet où s'il subit simplement des effets qu'on pourrait qualifier de physiques ou mécaniques. Peut-être aurai-je des réponses plus tard.
En tout cas, cette régression aura au moins eu l'avantage de me faire remettre dans le bon ordre certaines de mes vies antérieures. Car auparavant je pensais que ma vie de Giovanni se situait après celle de la devadasi, or c'est clairement l'inverse. Voilà, petit à petit, indice après indice, même si je n'obtiens pas toutes les informations que je souhaiterais, je parviens à affiner l'histoire de mes vies antérieures.

Et retrouvez déjà le prochain article en avant-première (dans les news) !