Ni medium ni gourou, je suis un être humain comme les autres qui se posait des questions sur le pourquoi du comment. J'ai été séduit par la théorie de la réincarnation, mais comme je ne crois que ce que je vois, j'ai décidé d'aller moi-même explorer mes vies antérieures, « pour voir ». Et ce que j'ai découvert m'a définitivement convaincu. Aujourd'hui je continue d'explorer mes vies antérieures, par des régressions comme on appelle ça, et je reconstitue petit à petit le parcours de mon âme à travers les âges. J'ai élargi mon champ d'intérêt à tout ce qui est en lien avec la réincarnation, principalement les domaines de l'esprit et de l'inexplicable, et aussi l'histoire et l'archéologie.

A travers ce blog j'espère apporter un peu de réponses à ceux qui en cherchent encore. Mais surtout ne me croyez pas sur parole, faites vous-même l'expérience ! Ma méthode de régression dans les vies passées est dispo pour tous: voir l'article 9- vos vies passées. Mais prenez le temps de lire les articles précédents avant toute chose. Il vaut mieux savoir de quoi il s'agit et être complètement informé avant de se lancer.

Vous pouvez lire les articles comme vous le souhaitez. Mais le mieux est quand même de les lire dans l'ordre chronologique, je les ai numérotés à cet effet. Aidez-vous du menu.

J'ai aussi entrepris de monter une encyclopédie des vies antérieures. Elle est encore en construction, mais vous pouvez déjà la consulter ici:WIKI PLP

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31- le druide celte, la spiritualité des anciens



Je commence à arriver au bout de toutes les vies que j'ai découvertes et des souvenirs qui y sont rattachées. Même si je continue de pratiquer les régressions et de retrouver de nouveaux souvenirs, il est bien plus facile et rapide de les raconter par écrit que de les collecter par la méditation. Il ne me reste donc plus que quelques bribes d'existences passées à vous exposer pour que vous en sachiez presque autant que moi. Parmi le peu de mes vies passées restant à détailler, j'ai choisi pour ce chapitre celle du druide gaulois. Ca fait longtemps que je n'ai pas parlé de lui, en fait ça remonte déjà à l'article 3- le romain et le druide. Comme vous l'avez vu jusqu'à maintenant, je cherche généralement un angle particulier, un thème à associer au personnage dont je vais parler. Ici, ce thème s'est imposé subitement. Cette vie antérieure est associée à un peuple que l'on croit bien connaître chez nous en France, les gaulois. Et pourtant, les gaulois ont cette part de mystère qui les rend attirants, et pour cause. Ils ont encore beaucoup de choses à nous apprendre, des choses qu'on a certainement mal interprétées et d'autres qu'on ignore. Et c'est encore plus vrai quand on va à la recherche de leur vie spirituelle. Et quoi de mieux pour cela que de partir à leur rencontre à travers la vie d'un druide ?

C'est donc parti pour un retour dans le passé plus de 2000 ans en arrière. Dans cette vie je m'appelle Loïk, je crois que je l'avais déjà dit. Ce prénom, ce n'est pas une certitude mais il m'est venu à l'esprit naturellement. Ca pourrait être aussi Loïg, un dérivé qui existe encore chez les celtes d'aujourd'hui, bretons, gaëls, irlandais et autres. Et oui, car les gaulois sont des celtes avant tout, un mot qui vient du grec keltoi. Les celtes sont un peuple qui, selon les archéologues, a essaimé dans toute l'Europe à l'âge du fer. A l'époque de Jules César, au 1er siècle avant JC, tout le territoire actuel de la France était occupé par des celtes divisés en de nombreuses tribus. César et les romains appelaient ces celtes les gaulois et ont nommé leur territoire la Gaule. Mais en fait la Gaule n'existait pas en tant que telle. Ce sont les romains qui ont créé officiellement cette province lorsqu'ils l'ont conquise et qu'ils l'ont nommée la Gaule. J'ignore de quelle tribu j'étais à cette époque. On a bien des cartes des principales tribus gauloises, le problème c'est que je ne sais pas encore exactement où situer géographiquement cette vie passée. J'ai quelques indices, mais je ne suis pas certain de leur signification. J'en reparlerai. Si je ne sais pas à quel endroit je vivais alors, par contre je peux dire quand. Cette vie se situait avec certitude au 1er siècle après JC. Jules César avait fait son travail de conquête au siècle précédent, Vercingétorix avait été vaincu, et toute la Gaule était sous domination romaine, n'en déplaise à Astérix. C'est pendant ce siècle après la conquête que l'envahisseur imposa petit à petit son mode de vie aux autochtones, y compris en matière de religion. Au début, les romains étaient très tolérants de ce point de vue, puis lorsque l'empereur Claude est arrivé au pouvoir (à partir de 41 après JC), il a resserré la vis et interdit la religion soi-disant barbare des gaulois. C'est cette évolution dans le traitement de la religion des celtes qui m'a permis d'identifier la bonne période. Car Loïk était druide, et à ce titre sa vie a été impactée directement par ce changement dans la manière dont les romains voyaient la religion en Gaule. D'après les archéologues, les druides étaient à la fois des prêtres, des savants, des sages, des gardiens de l'histoire et des traditions, des enseignants, et des conseillers des dirigeants. Les druides étaient certainement aussi ovates, herboristes, et médecins comme on va le voir. Chaque druide n'était peut-être pas tout ça à la fois, même s'il devait certainement apprendre un grand nombre de choses avant d'être officiellement druide. Dans les petites communautés ils cumulaient vraisemblablement plusieurs fonctions, mais dans les grandes cités où les druides étaient plus nombreux, ils devaient se spécialiser. En tout cas ils étaient tous des ministres du culte, des intermédiaires entre les hommes et le monde des dieux.

Pendant la vie de Loïk j'étais un peu tout ça à la fois. Comme je l'ai expliqué dans l'article 3, j'effectuais parfois des rituels face à la communauté de la cité. Parmi ces rituels il y avait de temps en temps des sacrifices d'animaux. A d'autres moments je me retrouvais en présence d'autres druides avec qui je participais à des séances de prières ou de méditation assis en cercle dans la forêt. De nombreux rituels se passaient effectivement dans la forêt, au pied de grands arbres. La forêt était le temple naturel de la religion des celtes. Les druides étaient très tournés vers la nature. On trouvait peut-être des lieux de dévotion dans la cité, mais pas de grands temples comme ça se faisait dans les autres religions. On ne sait plus grand chose aujourd'hui de ces traditions car tout le savoir des druides se transmettait de façon orale. Ils ne consignaient rien à l'écrit. La tenue de cérémonie était une longue tunique de couleur claire, presque blanche. Mais dans la vie courante, le druide s'habillait comme tout le monde et rien ne le distinguait des autres habitants de la communauté. A l'époque je portais même les armes. Je me suis vu avec une courte épée au côté. D'ailleurs les historiens antiques attestent que les druides participaient parfois au combat. Mon rôle religieux était aussi de prendre soin des lieux de culte. Il y en avait dans la forêt. C'étaient les endroits où on trouvait des dolmens et des pierres levées, des menhirs. Pour la plupart ces mégalithes n'avaient pas été érigées par les celtes, mais par leurs prédécesseurs, une civilisation plus ancienne encore. Les celtes les réutilisaient donc comme lieux de culte, et les ont souvent personnalisés en y gravant leurs propres symboles. C'est ce genre de pierres que j'entretenais en les nettoyant et en débroussaillant de temps en temps.

Puis je retournais à notre cité. Elle était entourée d'un mur de pierres et de bois que je longeais pour arriver à l'entrée. C'était donc certainement plus grand qu'un village, mais je n'ai pas eu la sensation d'une grande ville malgré tout. Lors d'une régression j'ai nettement entendu un mot : Terrasson. Ce mot était associé dans mon esprit à l'endroit où je me trouvais. Le nom de la cité ? Terrasson, ça ne ressemble pas à un nom celtique. J'ai donc fait des recherches et j'ai trouvé une petite ville en Dordogne qui s'appelle Terrasson-lavilledieu. Elle est connue pour être dans un secteur de vestiges gallo-romains et de mégalithes. Ca tombe bien. Mais il est étonnant que j'ai perçu le nom d'une ville moderne dans un souvenir de vie antérieure. A moins que l'univers, ou mes esprits-guides, m'aient envoyé ce message afin d'aiguiller mes recherches. Je ne suis pas encore convaincu de la piste Terrasson-lavilledieu mais je garde ces indices en tête.
Donc en tant que Loïk j'ai des activités dans la cité. J'y connais beaucoup de gens, des amis ou peut-être de la famille. Je salue l'une d'elles à l'entrée de sa maison. C'est une jeune femme au caractère bien trempé. Elle porte un nom que j'ai perçu comme Lagaë. C'est elle qui deviendra dans une autre vie Marie Anne Claire Baudot, petite-nièce de Corot, dont j'ai parlé dans l'article précédent. Et aujourd'hui c'est l'aînée de mes nièces. Une autre femme, plus mûre, s'appelle peut-être Amalia. Elle, je la retrouve à mes côtés alors que je travaille devant un grand chaudron. Nous sommes en extérieur, sur une petite place entre des maisons, avec un peu de verdure autour. Le chaudron de métal est rempli d'eau bouillante. Quelques feuilles sont jetées dans l'eau, puis une épaisse vapeur blanche est dégagée. Je penche le visage vers le chaudron et cette fumée. Je sens, je regarde. Il me semble que ce rituel sert à la divination. Dans la fumée je cherche à percevoir les augures. Amalia est peut-être une personne qui consulte pour son avenir, ou peut-être m'apporte-t-elle son aide pour les rituels. Cette femme est une incarnation passée de ma belle-soeur.
En tout cas ce rituel du chaudron n'a rien de surprenant. Bien sûr ça fait penser à Panoramix le druide, mais plus sérieusement le chaudron comme instrument de divination se retrouve dans plusieurs cultures antiques : les grecs et les scythes notamment, et évidemment chez les celtes. Depuis des décennies les archéologues ont retrouvé de magnifiques spécimens de chaudrons celtiques, dont certains de taille impressionnante.

Un autre personnage que je connais est assez important. C'est un notable de la cité, peut-être pas le chef de toute la communauté mais en tout cas quelqu'un de respecté. J'ai vaguement perçu un nom qui se termine en -us, peut-être Arvernus mais sans conviction. Dans ma vie actuelle cet homme est mon père, bien que que je ne sache pas si nous avions des liens familiaux dans cette vie passée. Avec lui, je descends par une ouverture creusée dans le sol dans une grande fosse souterraine. C'est une grande pièce creusée sous la surface de la terre et qui doit servir à stocker les céréales. Nous faisons peut-être une inspection avant que les récoltes soient engrangées là. Je l'ignorais quand j'ai vu cette scène étonnante, mais j'ai découvert par la suite que ces fosses à céréales existaient bel et bien, et que les gaulois les utilisaient déjà. Ils avaient deux techniques principales pour stocker leurs récoltes, les greniers construits au-dessus du sol ou les fosses creusées. Le choix de l'une ou l'autre dépendait du climat et du type de terrain. C'est le genre de détail de la vie courante qui serait difficile à inventer sans se tromper.

J'ai retrouvé en régression une autre scène où apparaissent en même temps Arvernus et la jeune Lagaë. C'est un jour de pluie, le ciel est très couvert et il tombe des cordes. Nous nous protégeons avec des capes à capuches. Nous sommes à cheval dans la forêt, nous suivons un chemin. En plus de nous trois il y a une autre femme qui veille sur Lagaë. Car celle-ci est enceinte jusqu'aux yeux, prête à accoucher. C'est le but de notre chevauchée, mettre au monde ce bébé. Pourquoi Arvernus est-il là ? Peut-être pour être témoin en tant que notable, ou bien peut-être est-il le père de Lagaë ? Je n'en suis pas certain. C'est moi qui guide la petite troupe vers ce qui semble être un abri. C'est une ouverture dans les rochers, peut-être une cavité naturelle, ou peut-être une sorte de dolmen aménagé par la main de l'homme. En tout cas c'est assez grand pour que nous y entrions tous, même si c'est bas de plafond. On ne peut pas s'y tenir debout. C'est là que Lagaë va accoucher. L'autre villageoise fera office de sage-femme, et ce n'est sans doute pas son premier accouchement. Moi je suis là pour la partie religieuse et spirituelle mais aussi pour mes connaissances en herboristerie. Je concocte un breuvage à base de plantes tout en adressant des prières et des incantations à nos divinités. Puis je fais avaler la mixture à la future maman en plein travail. Une lumière chaude nous enveloppe, a-t-on pu allumer un feu ?
Le nouveau-né arrive finalement et c'est une fille. C'est ce bébé qui était le focus de cette régression et je sais donc qu'il s'agit aujourd'hui d'une de mes nièces, la petite sœur de celle qui était sa mère dans cette vie-là (ça se complique, hein?). Dehors la pluie tombe toujours et il fait sombre. La nuit n'est pas loin. Nous restons ici en attendant que ça se calme. Arvernus et moi avons une discussion à voix basse. Un accouchement dans ces conditions est risqué, mais c'était nécessaire si nous voulions le faire selon les rites de notre peuple. A ce moment-là les romains mettent déjà la pression pour que les druides ne puissent pas pratiquer leur religion. Cette scène est une illustration très claire de ce que subissaient ces hommes à l'époque. Si l'empereur Claude avait décidé de se débarrasser des druides, ce n'était certainement pas uniquement pour des raisons religieuses. Les romains voulaient assimiler culturellement les gaulois, et les druides étaient en grande partie les gardiens de la culture celte. Ils étaient un obstacle à l'assimilation, et une possible source de rébellion future. La décision de l'empereur était largement politique.



Est-ce avant cet épisode, ou alors après ? Je me suis rendu compte que Loïk le druide cherchait à former quelqu'un à sa succession. Je me suis vu marchant à flanc de colline avec un bâton. Un jeune homme est à mes côtés, non loin de là. Ai-je aussi aperçu une fille avec nous ? Je n'en suis pas sûr. Nous rabattons un troupeau de moutons pour les ramener vers le village. Le vent commence à souffler, la pluie à tourbillonner, et il faut les rentrer à la bergerie avant que ça ne tourne à la tempête. Ce que nous faisons, et nous pouvons nous mettre nous-mêmes relativement à l'abri avec les bêtes. Me voilà donc berger en plus d'être druide ? Un petit peu. Comme je le disais, les druides cumulaient de nombreuses activités et dans la vie courante ils vivaient comme tout le monde. S'occuper des bêtes était une activité quotidienne normale. C'était peut-être la tâche principale du jeune homme que j'aidais. Il porte un nom que j'ai assimilé à Danaël, un nom celtique qui ressemble à ce que j'ai entendu. Aujourd'hui cette personne est mon oncle. Mais à cette époque ce n'est pas qu'un berger. C'est un garçon à qui j'enseigne mon savoir. Je le forme pour qu'il devienne druide à son tour et qu'il puisse me succéder. Mais ça ne va pas se passer tout à fait comme prévu. Un jour Danaël décide qu'il ne veut pas poursuivre son apprentissage, contre mon avis. J'ai eu un flash bref dans lequel je criais « Ne pars pas ! » alors que le jeune homme s'éloignait au loin. Quelles étaient ses raisons ? A-t-il carrément quitté le village ? Je n'en sais rien.
En tout cas il est probable qu'après lui je n'ai pas retrouvé d'autre apprenti à former. Car si vous vous souvenez du premier article sur la vie du druide, vous savez que dans cette vie je finis seul, isolé au fond de la forêt et vivant en ermite. Les persécutions des romains ont dû devenir telles qu'il ne m'est plus possible de rester au village. Borgne et affaibli, amaigri, je suis un vieillard qui ne survit que grâce aux attentions de certaines personnes, et notamment une jeune fille. Elle m'apporte parfois quelques fruits ou champignons, ce qui me permet de manger à l'occasion un peu mieux que d'habitude. Depuis j'en ai appris un peu plus sur cette jeune fille. Elle s'appelait probablement Diniela, et elle est une incarnation passée de ma fille d'aujourd'hui. Cette situation dans laquelle elle doit s'occuper de moi alors que je suis vieillissant, j'ai découvert qu'elle se reproduirait plus tard. Ca se passe dans ma vie antérieure de Sir Henry Hoghton en Angleterre au 18e siècle. J'ai pas loin de 80 ans, je suis quasiment aveugle, et je vis seul à Walton Hall. C'est une belle demeure près de Preston. J'ai de l'argent et je vis bien, mais mes proches sont loin de moi ou décédés. J'ai des neveux et nièces, une grande famille, mais ils ne peuvent pas venir me voir souvent. La seule personne qui prend soin de moi au quotidien, c'est ma petite sœur Anna dont le mari a une maison tout près. Même si elle a plus de 10 ans de moins que moi, elle est âgée elle aussi, mais elle prend le temps, régulièrement, de venir s'occuper de son vieux frère. Anna est celle qui fut la gauloise Diniela dans une vie passée. C'est exactement la même situation, 16 siècles plus tard. A présent Diniela/Anna est donc ma fille. J'espère qu'il n'y aura pas de nouveau une répétition de cette situation. Je n'ai pas envie de me retrouver à sa charge quand je serai vieux !

Je ne sais pas dans quelles circonstances je suis mort en tant que Loïk. Je me suis probablement éteint lentement dans la forêt au bout de cette existence d'ermite. Mais faisons le point sur les activités de ce druide. Il avait donc un rôle religieux comme on l'a vu : présider aux rituels, entretenir les lieux sacrés, faire de la divination. Il était aussi herboriste et certainement médecin puisqu'il confectionnait des « médicaments » à base de plantes. Il était aussi berger à l'occasion. Et il participait certainement à la gestion du village, en lien avec les notables. Ca fait beaucoup de choses pour un seul homme. Pourquoi les druides étaient-ils autant sollicités ? Parce qu'ils étaient les intermédiaires entre le monde des dieux, c'est-à-dire le plan spirituel et les esprits, et le monde des hommes. Les druides modernes, adeptes du néo-druidisme, tentent de renouer avec cette tradition. Mais celle-ci ayant été en grande partie perdue car il n'y a aucune trace écrite, ces néo-druides ne peuvent que faire des conjectures et s'adonner à des rituels qu'ils pensent être proches de la véritable tradition. Mais peu d'entre eux s'aventurent dans la véritable recherche spirituelle qui est le fondement du druidisme. J'ai eu l'occasion de lire le témoignage d'un de ces rares druides modernes qui est vraiment en lien avec le spirituel. Son récit de voyages hors du corps et de rencontres avec des entités spirituelles qu'il pense être les dieux d'antan est incroyable. D'ailleurs j'ai franchement du mal à y croire encore. Et pourtant, cette pratique se rapproche certainement des origines du druidisme, c'est-à-dire le chamanisme européen. Quand on parle de chamanes, on pense plutôt aux amérindiens ou aux tribus d'Asie centrales. Mais il y a des milliers d'années, le chamanisme était partout, y compris en Europe. Et ce chamanisme est probablement à l'origine du druidisme. Or les chamanes sont des hommes qui ont un lien étroit avec le monde spirituel. Communiquer avec lui et le parcourir au sens littéral sont des choses communes pour eux. Les druides originels avaient ce lien eux aussi. Et à ce sujet je voudrais parler un peu de Patrick Drouot. Cet auteur est celui dont les livres ont été les premiers à me faire découvrir la réincarnation et il est donc à l'origine de toutes mes expériences dans ce domaine. Dans ses livres, Patrick Drouot parlait assez largement d'une de ses propres vies antérieures, celle d'une druidesse celte nommée Govenka. Cette druidesse devait vivre à une époque ancienne de l'histoire des celtes. Dans l'histoire plus récente de ce peuple il n'est pas fait mention de femmes druides. Or la on rejoint les écrits d'autres auteurs, Daniel Meurois et Anne Givaudan. Ce couple a largement écrit sur la réincarnation et leurs expériences spirituelles. Et d'après ce qu'ils ont appris, ils évoquent un âge reculé où les ancêtres des celtes formaient une société matriarcale dominée par des druides femmes. On trouve donc un parallèle avec ce qu'écrit Patrick Drouot, ce qui renforce la crédibilité des deux sources. Or Drouot décrit avec précision certaines expériences spirituelles de la druidesse et notamment des projections de conscience ou des sorties hors du corps, depuis l'accompagnement d'un mourant dans son départ du monde matériel jusqu'aux contacts avec des entités spirituelles qui la guident dans son cheminement. Tout cela fait écho aux innombrables expériences similaires vécues aujourd'hui par des médiums plus ou moins connus mais aussi et surtout par beaucoup d'anonymes. Il semble donc que les expériences psychiques qui se multiplient aujourd'hui ne soient pas des pratiques nouvelles issues de nulle part, mais bien une redécouverte d'anciens savoirs.
Cependant attention, si vous parlez de ça avec des archéologues ils vous prendront au mieux pour un illuminé. En effet, aucune découverte archéologique ne pourra nous renseigner sur les expériences spirituelles de nos ancêtres. C'est un patrimoine immatériel. A la rigueur quelques dessins sur des pierres pourraient nous éclairer, mais les interprétations des scientifiques ne vont généralement pas dans le sens d'une explication ésotérique. Pourtant, la tradition spiritualiste des chamanes et des druidesses a bien pu se perpétuer jusqu'aux celtes tardifs du début de notre ère. Les derniers druides gaulois étaient certainement les héritiers de ces connaissances ancestrales. Hélas ces connaissances ont été perdues. Mais pas définitivement. Heureusement d'autres peuples et cultures dans le monde avaient aussi des connaissances similaires et ont pu les perpétuer. La lente diffusion des savoirs et le mélange des influences a finalement fait que les occidentaux les redécouvrent. Rien n'est jamais vraiment perdu.

Et retrouvez déjà le prochain article en avant-première (dans les news) !
 

30- la consécration de Corot, les vies antérieures célèbres



Dans ce nouvel article je vais reprendre la vie du peintre Corot là où je l'avais laissée. Dans l'article 27- la vocation de Corot, j'avais commencé à retracer les souvenirs que j'ai de cette vie antérieure dans l'ordre chronologique. J'ai complété ces quelques images retrouvées avec les informations biographiques connues afin de brosser un tableau le plus précis possible de ces premières années du peintre. J'ai montré comment cette vocation artistique était présente depuis sa jeunesse, et comment il a pu la concrétiser par un tragique concours de circonstances. J'ai tenté de montrer aussi ce qui pouvait, dans de précédentes vies antérieures, expliquer pourquoi cette vocation s'est manifestée assez tôt dans cette vie.
Je m'étais arrêté en 1843, année de mon dernier voyage en Italie à l'époque. J'avais déjà 47 ans, mais ce n'était que le début de la reconnaissance en tant qu'artiste. Dans les souvenirs que je vais raconter, je m'attarderai plus sur la vie privée de Corot que sur sa carrière de peintre. Mais je ferai des allers-retours entre les deux car tout est lié.

Vers cette époque donc, je me vois accueillir à Paris une jeune femme et son mari. Je commence à me sentir vieillissant, ce qui est normal à l'époque si j'approche la cinquantaine. Je suis dans la rue pour saluer la demoiselle qui porte une robe rose, une ombrelle et ce qui ressemble à un chapeau canotier. Son mari est plus âgé, il me semble, physiquement un peu enveloppé et l'air sérieux avec son chapeau haut-de-forme. Je me promène avec eux dans la capitale, puis les emmène à Ville d'Avray, la maison familiale occupée par ma grande sœur et son mari. Je leur montre certainement quelques toiles réalisées là-bas. Corot avait un atelier à Paris où il travaillait le plus souvent, mais il peignait partout où il se trouvait, et notamment à Ville d'Avray.
Plus tard c'est moi qui suis invité chez ce couple, dans une maison chic et moderne, plutôt claire. Dans la grande entrée on trouve quelques tableaux, mais aussi, plus surprenant, de nombreux miroirs dont certains qui semblent juste posés contre le mur. La jeune femme arrive alors et me prend dans ses bras. Elle est très chaleureuse.
Les souvenirs où cette femme apparaît rassemblent en fait deux régressions qui m'ont donné quelques recherches à faire, car je me demandais qui était cette dame. Je savais que c'était une incarnation passée d'une de mes nièces, c'est ce que j'avais recherché. Mais dans cette vie au 19e siècle était-ce juste une amie ? Ou quelqu'un de la famille ? En fait j'ai fini par découvrir dans la généalogie de Corot qu'une de ses nièces était mariée à un commerçant miroitier. Ca expliquait alors tous les miroirs dans leur demeure ! Cette nièce était donc sans aucun doute Octavie Sennegon épouse Chamouillet, de ses véritables prénoms Marie Dorothée Joséphine.

Toujours vers ces années 1840, Corot a parfois voyagé vers la Haute-Savoie et la Suisse. J'ai le souvenir d'une maison où j'étais hébergé, peut-être une pension. Lorsque j'ouvrais les volets de la chambre au petit matin je me trouvais face à un magnifique paysage verdoyant. Lors d'un de ces séjours je me trouvais en compagnie d'une autre jeune femme et de son mari, avec une petite fille me semble-t-il. On marchait sur un large chemin. Cette femme était certainement une autre nièce, celle qu'on appelait Blanche, une belle-soeur dans ma vie présente. Elle décèdera en 1846 et ces souvenirs sont donc antérieurs. L'image de ce chemin où l'on marchait est très proche de celle d'un tableau de Corot où on voit le lac Léman dans le fond. La Suisse donc, mais pourquoi le peintre fit-il plusieurs séjours dans cette région ? Et bien, en fait sa mère Marie-Françoise née Oberson était d'origine suisse, et son grand-père maternel qui s'appelait lui aussi Jean-Baptiste avait été garde suisse au château de Versailles. Voilà pourquoi la Suisse était devenue une destination prisée des Corot.

La peinture m'a aussi fait découvrir des régions que je ne connaissais pas, grâce aux amis qui partageaient la même passion. Du côté de Nantes, par exemple. Je me vois marcher dans la nature, me frayant un chemin dans les herbes en transportant mon matériel de peinture dans une caisse que je porte en bandoulière. Je suis juste derrière un ami qui nous amène à un endroit où nous pouvons nous installer. Nous déballons notre matériel et nous commençons alors notre ouvrage. Mais nous sommes rapidement interrompus par la pluie. Nous nous retrouvons finalement à plusieurs personnes à l'abri chez mon ami. Il s'appelle Charles et fume la pipe. A défaut de peindre, on papote autour d'un verre.
Cet ami n'est pas Charles Daubigny, dont j'avais parlé dans le précédent article, mais Charles Le Roux. C'était un peintre nantais, élève et ami de Corot. Il est considéré comme faisant partie de l'école de Barbizon, et il a souvent reçu ses amis peintres chez lui en Loire-Atlantique ou dans les Deux-Sèvres. Ce Charles est devenu dans sa vie actuelle dessinateur de BD et illustrateur, comme moi. On a gardé cette affinité qui nous a certainement rapproché, puisqu'il se trouve que nous travaillons en ce moment même sur un album en commun qui sera prochainement publié (j'écris cet article début 2019). Cet ami habite toujours Nantes et porte un nom assez proche de celui qu'il avait dans sa précédente vie. Comme pour l'apparence physique, il y a parfois des similitudes de vie en vie dans les noms et prénoms qu'on porte. Ce n'est pas une règle stricte mais ça se vérifie assez souvent.

J'avais parlé dans un précédent article (17- Corot et le paria) de la douleur au cou qui m'handicapait parfois avec l'âge ; aussi bien dans ma vie actuelle que dans celle de Corot. D'après mes souvenirs étayés par des recherches, Corot aurait consulté un médecin, probablement le docteur Moreau de Tours. Celui-ci était impliqué dans des recherches concernant l'effet des drogues sur le psychisme humain, et il avait réuni tout un cercle de personnalités de l'époque dans ce qu'il a appelé le club des haschichins, avec parmi eux au moins un ami de Corot, Honoré Daumier, célèbre dessinateur de presse. Un prétexte pour se droguer dans des soirées mondaines entre amis au nom de la science ? Ce club de fumeurs de haschich avait été fondé par le docteur Moreau conjointement avec Théophile Gautier, le célèbre romancier et poète.

Théophile Gautier, justement... Je l'ai vu personnellement dans une autre régression. A vrai dire ce n'était pas une réelle surprise. Je connais aujourd'hui une dame pour qui j'ai travaillé ; j'ai réalisé des illustrations et animé des ateliers pour sa start-up. Cette femme est une passionnée d'écriture et sa boîte est donc tout naturellement orientée vers ce domaine, en lien avec les technologies numériques. Lorsque j'ai appris que Corot avait connu Théophile Gautier car celui-ci était critique d'art avant même d'être écrivain, j'ai eu l'intuition que cette femme pouvait être sa réincarnation. Ce n'était qu'une hypothèse mais plus j'y pensais plus je trouvais des similitudes entre ces deux personnes. Si vous avez lu mes articles depuis le début, vous savez que le changement de sexe n'est pas un problème d'une vie à l'autre. Ca arrive parfois. Et donc afin d'en savoir plus j'ai fini par effectuer une régression pour rechercher des souvenirs de cette passionnée d'écriture dans mes vies passées.
Voici la scène que j'ai vue. Je suis assis parmi de nombreuses autres personnes. Nous avons tous le regard tourné vers une scène de théâtre. On y joue une représentation, peut-être un ballet car j'ai la sensation de danses et de musique. Autour de moi c'est un grand théâtre à l'ancienne, tout en demi-cercle autour de la scène, avec plusieurs étages de balcons. Je vois le spectacle de loin et je serre ma canne. Je sens que c'est ma vie passée où je suis Corot. Un peu plus tard, après la représentation, je me trouve debout au milieu d'une foule, peut-être les spectateurs qui quittent le théâtre. Je suis en train de discuter avec des amis, et c'est plutôt bon enfant, on rigole bien. Il y a là Honoré Daumier dont je parlais un peu plus haut, avec un autre homme bien portant et barbu, et sans doute encore un autre que je n'ai pas bien vu mais pour lequel un prénom m'est venu spontanément, Ernest.
Cette scène est particulièrement intéressante. Cet homme barbu était donc possiblement Théophile Gautier. D'après les photos qu'on a de lui, à l'âge mûr il avait effectivement l'apparence que j'ai vue. Qu'est-ce qui pouvait me le confirmer ? La présence d'Honoré Daumier était déjà un premier indice. Les deux hommes se connaissaient. Mais ce qui est plus éclairant, c'est que Gautier n'a pas été qu'un romancier. On le sait moins, mais il a aussi écrit des pièces de théâtre et des ballets. Est-ce qu'il aurait été l'auteur du ballet auquel j'assistais ? Il aurait pu inviter des amis pour une première. En cherchant un peu parmi les quelques pièces qu'il avait écrites, j'ai trouvé deux ballets que Gautier a créé avec un musicien du nom d'Ernest Reyer. Le fameux Ernest ! Là ça devient probant. Les deux premières de ces pièces ont eu lieu respectivement en 1850 et 1858. En 1850 c'est la première du ballet intitulé Le Sellam, qui a eu lieu au Théâtre Italien à Paris. Une gravure qui montre l'intérieur de ce théâtre à cette époque le dépeint exactement tel que je l'ai vu. Voilà la confirmation que je cherchais. Théophile Gautier est donc bien de retour au 21e siècle, travaillant dans le domaine de l'écriture et de l'édition, et dans la peau d'une femme. C'était la première fois que je confirmais la réincarnation d'un personnage aussi connu, mis à part Corot lui-même bien sûr. C'était assez troublant. Mais il faut s'y attendre. Les personnages célèbres sont des êtres humains comme les autres. De la même manière qu'on peut éventuellement en croiser dans la vie présente, on peut en avoir côtoyé dans des vies passées. Quand on y pense, ça n'a rien d'extraordinaire.

C'est vers ces années que les deux parents de Corot disparaissent. C'est d'abord le père Jacques Louis en 1847, puis la mère Marie Françoise en 1851. Ils furent enterrés à Paris, et j'allais parfois me recueillir sur leurs tombes, en habits du dimanche avec un chapeau haut-de-forme.
Une brève image est liée à celle-ci. Je travaille dans un atelier de peintre côte à côte avec mon ami Charles Daubigny. Mais l'ambiance est à la mélancolie. Il me fait part de ses états d'âmes et j'ai l'impression qu'il vient de perdre un proche. J'essaie alors de le soulager par quelques paroles réconfortantes, car je sais ce que c'est de perdre des proches.
Après la mort de mes parents, la maison de Ville d'Avray revient à ma sœur aînée et son mari. Mais j'y viens quand je le veux. J'y ai toujours un atelier où je peux travailler après avoir saisi sur le vif des paysages et des lumières aux alentours des étangs. Et puis il y a de la place. Les enfants de ma sœur ont grandi et font leur vie et la maison est bien grande pour le vieux couple. Ils n'ont pas le courage d'entretenir le jardin comme avant, et la balançoire a pris un coup de vieux.

Passé la soixantaine, je continue tout de même de me déplacer, notamment pour aller voir les Corot de Bourgogne. La famille s'agrandit là-bas. Je me vois dans les rues d'une bourgade en compagnie d'un jeune garçon. Il porte une casquette. Il s'amuse dans la rue, court, puis tout à coup tombe à terre. Je vais le voir et l'aide à se relever, il s'est fait mal.
L'image de cet enfant correspond à un petit tableau de Corot qui est censé représenter un enfant de sa famille. Il porte une redingote, une casquette, et tient une canne dans sa main droite. Cette canne est-elle dûe à sa chute ? Aurais-je peint ce tableau juste après ? Les spécialistes ignorent qui était exactement ce garçon, et malheureusement je ne l'ai pas encore découvert non plus. Tout ce que je sais c'est qu'aujourd'hui il est réincarné et que c'est un cousin de ma famille.

Une autre scène se situe certainement en Bourgogne. Je suis en compagnie d'un jeune homme. Nous passons une journée à nous promener. Nous visitons d'abord un grand voilier ancien amarré au bord d'une étendue d'eau, puis nous pique-niquons dans un parc. Ensuite nous marchons sur un chemin qui nous permet de voir la ville depuis une hauteur. Enfin nous rentrons à la maison familiale, chez le vieux Pierre Corot il me semble, le cousin bourguignon que je connais depuis l'enfance.
Sur le coup j'ai cherché un peu ce que signifiait cette scène. Je savais que le jeune homme avec qui j'avais passé la journée était une incarnation passée de mon petit frère. C'était l'élément de focalisation que j'avais choisi pour cette régression. Mon frère était militaire dans l'artillerie. Or il se trouve qu'un des fils de Pierre Corot était officier d'artillerie. Il s'appelait François Pierre. En 1858 il s'est marié et Jean-Baptiste était son témoin. Il s'était donc rendu en Bourgogne pour l'occasion. La même année se tenait à Dijon, dans la même région, une exposition universelle. Les préparatifs dans la ville auraient pu attirer les Corot pour une visite. Dijon dispose bien d'un port, et un voilier ancien aurait pu se trouver là en raison de l'expo à venir. Et il y a bien autour de Dijon des collines où on peut se balader et voir la ville depuis les hauteurs. Ca fait beaucoup d'indices qui m'ont incité à situer cet épisode en 1858.
Toujours la même année, et certainement lors du même voyage, Jean-Baptiste fait don d'un tableau au petit musée de Semur-en-Auxois. A cette époque sa notoriété est grandissante et ses œuvres prennent de la valeur. En 1855 il a même remporté une médaille à l'exposition universelle de Paris, et Napoléon III lui-même lui a acheté un tableau. Le musée de Semur est toujours là aujourd'hui, préservé tel qu'il était au 19e siècle. Et j'ai eu la chance de le visiter alors qu'il n'est pas ouvert au public mais seulement aux chercheurs. Privilège d'auteur de BD invité au festival de Semur ! Trois tableaux de Corot y sont exposés. L'un d'eux s'intitule « le verger », et c'est certainement celui qui est la pièce centrale d'une scène vue en régresssion. Je vous la raconte.
Je me vois apposer des retouches au pinceau sur un tableau déjà terminé. C'est une œuvre verdoyante et je rehausse juste le feuillage d'un arbre. C'est alors qu'un jeune homme, un cousin, entre pour me rendre visite. Il est tout joyeux, exultant, et me prend dans les bras.
Un peu plus tard nous nous trouvons tous les deux dans un hall d'entrée. Nous attendons quelqu'un, j'ai l'impression que c'est l'épouse du cousin en question. Lorsqu'elle apparaît enfin par une mezzanine à l'étage, je me rends compte qu'elle est très jeune. On dirait presque une adolescente. Le couple m'accompagne vers une calèche. Ils m'aident à y monter, et moi je m'inquiète plus pour ma toile que pour ma santé. Je ne veux pas qu'elle soit abîmée pendant le transport.
Nous nous retrouvons enfin tous au musée où j'ai une vague impression de solennité, d'un discours et de beau monde réuni : le directeur du musée, le maire, etc.
Bref, c'est la fin de cette régression, et c'est un épisode de la vie de Corot que j'ai pu vérifier. Car j'ai retrouvé qu'effectivement le peintre avait remis son tableau au musée personnellement car il tenait à l'accrocher lui-même. Le cousin avec sa toute jeune épouse n'est pas le même que précédemment. Cette fois le focus choisi était mon neveu, fils du frère militaire dont je parlais précédemment. Et il semble que dans cette vie-là il n'était pas son fils mais son frère ! C'est compliqué mais j'espère que vous me suivez. Car François Pierre l'officier artilleur n'habitait pas Semur, et pour être plus près du musée Jean-Baptiste a dû loger chez les Corot de Semur. Or le frère de François Pierre, François Justin, habitait bien Semur. Et il avait épousé l'année précédente une jeune fille d'à peine 17 ans. Tous les indices s'emboîtent parfaitement.



La maison de Ville d'Avray est le lieu de rencontre de la famille aux abords de Paris. C'est là que je revois souvent mes neveux et nièces et leurs enfants. Il y a par exemple la jeune Blanche, fille de Louise Claire, qui est adolescente vers 1860. Je l'emmène en calèche dans les chemins autour des étangs. Nous marchons un peu et cueillons des mûres. Mais parmi mes nièces il y a surtout Marie Anne Claire Baudot pour qui j'ai une affection particulière. Avec elle aussi je passe du temps à marcher en papotant. C'est la fille de Marie Louise Laure, ma « nièce chérie » décédée après avoir mis son enfant au monde. Comme je l'ai expliqué précédemment, suite à la relation incestueuse avec ma nièce, il se peut que Marie Anne Claire soit ma propre fille, et même si elle ne sait certainement rien de tout ça j'ai donc avec elle une relation spéciale. En 1858 elle se marie elle aussi, qui plus est avec un cousin bourguignon. Elle reprend donc le nom de Corot. La mort prématurée de cette jeune femme en 1870, juste avant la guerre contre la Prusse, me laissera dans une tristesse infinie.

C'est sans doute aussi peu avant la guerre que se situe une scène amusante. Je suis avec mon ami Charles Daubigny, le peintre. Il a vieilli lui aussi, porte une barbe blanche et ne marche plus aussi bien qu'avant. Nous ressemblons aux deux vieillards du Muppet Show alors que nous arpentons les allées de ce qui me semble être un zoo. J'aperçois des animaux, et notamment des tortues et des crocodiles qui ont marqué mon esprit. Un peu de distraction dans la vie de deux vieux messieurs.
J'ai cherché quel était ce zoo, très certainement à Paris. A cette époque le seul parc zoologique parisien était la ménagerie du jardin des plantes. Et il se trouve que c'est en 1870 qu'un pavillon des reptiles a été inauguré. Peut-être que Charles et moi avons été invités à cette inauguration ? Ou peut-être sommes-nous simplement allés faire la visite comme tout le monde ? En tout cas, ce qui est d'autant plus surprenant c'est que je suis tombé sur une photo du directeur du zoo en 1870. Il s'agissait du docteur Henri Milne-Edwards. Et c'est le parfait sosie d'un de mes anciens collègues de travail. Il n'y a pas de coïncidence.

Lorsque les prussiens envahissent le nord-est de la France et menacent Paris, je pars me mettre au vert chez mes amis du nord, à Arras. Je ne crois pas en avoir parlé, mais eux aussi ont leur importance. Il est tellement difficile de raconter toute une vie en quelques pages. Je me suis souvent rendu chez Constant Dutilleux, un amateur de peinture et admirateur devenu un ami. En 1870 il a déjà disparu mais j'ai gardé des relations amicales avec ses gendres et notamment Charles Desavary, encore un Charles. C'est lui qui m'héberge pendant la guerre. Il est passionné de peinture.

En février 1875, moins de 6 mois après le décès de sa grande sœur, un cancer de l'estomac emporte Corot à son tour. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris, et ses amis les plus proches, Honoré Daumier et Charles Daubigny, se feront plus tard enterrer à ses côtés.

Voilà la vie riche que j'ai découverte à travers mes régressions complétées par les connaissances qu'on avait déjà sur ce personnage. Et encore comme je le disais, je n'ai pas pu tout raconter. Les biographies sont riches de détails, et les tableaux du peintre en disent long sur lui également. On voit que sa passion l'a amené à consacrer sa vie à la peinture, comme j'ai essayé de le faire avec moins de succès et dans un autre art dans ma vie actuelle. Cela dit, on constate que ce n'est qu'à l'approche de la cinquantaine que les toiles de Corot ont commencé à susciter de l'intérêt, et qu'il lui a fallu passer le demi-siècle pour que sa notoriété s'envole. Et à cette époque il n'y avait pas la télé ni internet, donc quand je parle de notoriété je pense qu'il était surtout connu du cercle restreint des amateurs d'art qui avaient les moyens de se payer un tableau. Comme de nombreux artistes, c'est après sa mort que sa renommée a grandi et il est bien plus connu aujourd'hui qu'il ne l'était de son vivant. La célébrité est quelque chose de subjectif et d'un peu irrationnel. Les questions qu'on entend au sujet de la réincarnation tournent souvent autour des vies antérieures relatives à des personnages célèbres. Le fait de revendiquer une vie antérieure avec un nom plus ou moins connu jette tout de suite la suspicion sur la véracité du témoignage. C'est dû au fait qu'il y a eu par le passé et qu'il y a encore beaucoup de revendications de ce type qui sont très fantaisistes. Mais le fait qu'il y a de faux témoignages doit-il discréditer les témoignages plus sérieux ? Je pense qu'on devrait s'y attarder en faisant abstraction de la renommée du personnage concerné. Ce qui est intéressant, c'est toute l'existence qu'a vécue Corot, loin de la célébrité qu'il a aujourd'hui. Les souvenirs que j'ai ramené de mes régressions ne le dépeignent pas comme un être exceptionnel, un maître de la peinture comme on le qualifie de nos jours. Je me suis plutôt vu comme quelqu'un de passionné et de travailleur. Les hasards de la vie (mais y a-t-il un hasard ?) m'ont donné les moyens matériels de me consacrer à mon art et ça fait toute la différence. Il a fallu aussi passer par-dessus les critiques et les moqueries, car les débuts ont été difficiles. Peu de gens croyaient à mon talent. Un peu de volonté et de sang-froid m'ont permis de parvenir finalement à vivre tranquillement de mon travail. Mais à aucun moment je n'ai eu l'impression d'être une célébrité. Et si j'y réfléchis bien, j'ai d'autres vies passées dont j'ai déjà parlé pour lesquelles j'ai la sensation d'avoir eu nettement plus de notoriété et d'influence de mon vivant. Je pense par exemple à la vie de Sir Hoghton au 18ème siècle, où j'étais baronnet et élu au Parlement anglais. De par mon statut à cette époque, je devais être connu de presque tous les habitants du Lancashire, et même de beaucoup au-delà dans toute l'Angleterre. Et pourtant aujourd'hui, même en Angleterre, très peu de gens se souviennent de Sir Henry Hoghton 5ème du nom. Et en France c'est un parfait inconnu. La célébrité ça va, ça vient, et ce qui est vrai aujourd'hui ne l'est pas demain. Le seul et véritable intérêt de la notoriété de certaines vies antérieures, c'est qu'elle permet de retrouver et de recouper plus facilement les informations. Ca c'est un avantage et une réalité. Et c'est pour cette même raison que les vies dites célèbres sont plus facilement mises en avant. Les témoignages de vies antérieures qui concernent une célébrité sont relativement nombreux car il est plus facile de vérifier les souvenirs d'une vie pour laquelle il reste des traces aujourd'hui, que de celle d'un parfait inconnu. Mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. Car pour un témoignage concernant une vie célèbre, il en existe des dizaines d'autres qui concernent des vies anonymes. Simplement on en parle moins, ils restent le plus souvent confidentiels, car sans indices qui permettent de les identifier ces témoignages sont moins spectaculaires. Ils marquent moins les esprits, mais ils n'en sont pas moins intéressants, loin de là.

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