Ni medium ni gourou, je suis un être humain comme les autres qui se posait des questions sur le pourquoi du comment. J'ai été séduit par la théorie de la réincarnation, mais comme je ne crois que ce que je vois, j'ai décidé d'aller moi-même explorer mes vies antérieures, « pour voir ». Et ce que j'ai découvert m'a définitivement convaincu. Aujourd'hui je continue d'explorer mes vies antérieures, par des régressions comme on appelle ça, et je reconstitue petit à petit le parcours de mon âme à travers les âges. J'ai élargi mon champ d'intérêt à tout ce qui est en lien avec la réincarnation, principalement les domaines de l'esprit et de l'inexplicable, et aussi l'histoire et l'archéologie.

A travers ce blog j'espère apporter un peu de réponses à ceux qui en cherchent encore. Mais surtout ne me croyez pas sur parole, faites vous-même l'expérience ! Ma méthode de régression dans les vies passées est dispo pour tous: voir l'article 9- vos vies passées. Mais prenez le temps de lire les articles précédents avant toute chose. Il vaut mieux savoir de quoi il s'agit et être complètement informé avant de se lancer.

Vous pouvez lire les articles comme vous le souhaitez. Mais le mieux est quand même de les lire dans l'ordre chronologique, je les ai numérotés à cet effet. Aidez-vous du menu.

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3- le romain et le druide, la loi du karma


Après y avoir réfléchi un peu, finalement je ne compte pas exposer mes régressions et ce que j'en ai retiré dans l'ordre où je les ai effectuées. Ca risque d'être trop fragmenté, pas très agréable à lire. Il faut que je mette ça un peu en forme (sûrement mon côté narrateur d'histoires !). Je vais plutôt regrouper ça par vie antérieure concernée ou par thème, ce sera plus logique. Je vais organiser les chapitres autour d'une ou plusieurs vies qui apporteront un éclairage sur un thème particulier.
Le chapitre suivant sera donc consacré à deux vies, qui mises bout à bout, mettent en lumière un principe fondamental lié à la réincarnation, le karma.

Je me remets en situation, et me voici au bord d'une nouvelle expérience. Vous connaissez maintenant le principe, il faut que je traverse mentalement le tunnel du temps. Lorsque je sors de ce tunnel, je me retrouve dans le passé. Il faut quelques instants pour que la scène où je me trouve apparaisse en se construisant par étapes. D'abord la sensation du vent sur mon visage, je me déplace vite en avant. Puis des hautes herbes qui défilent autour de moi. Je suis sur une route, monté sur un cheval qui galope. Je porte une tunique claire et une cape qui vole au vent. Je ne suis pas grand, plutôt trapu et bien en chair, les bras velus. Je porte une courte barbe taillée et des cheveux bruns courts. Un nom me vient à l'esprit : Gracius. Je suis romain. Des informations commencent à surgir comme ça. Je suis militaire, un petit gradé, sans doute centurion. Je galope vers une cité gauloise. Je suis dans la période de la conquête de la Gaule, dans le sud-est du pays, vers le territoire d'une tribu nommée « gaturi » ou quelque chose comme ça. J'ai toujours ce problème de perception des mots, comme si on les prononce avec une patate chaude dans la bouche.
Puis j'avance dans le temps et je me retrouve ailleurs. Je suis debout à l'entrée d'une tente, face à une étendue herbeuse. Je suis dans un campement militaire, sûrement provisoire. L'intérieur de la tente n'est pas aménagé pour y loger, il fait un peu sombre. Dans la pénombre je vois une silhouette allongée sur une couche surélevée. Je m'en approche et je vois distinctement ses pieds nus. C'est une femme, une prisonnière gauloise attachée sur une sorte de table de torture. Je suis en sueur, j'ai envie d'elle. J'approche une main de son pied blanc, c'est tout ce que je vois. Je brûle de désir pour ce corps soumis à ma volonté. Et chiotte ! Je sens que je ne vais pas me retenir et que je vais la violer.
Et c'est là que j'ouvre les yeux d'un coup, dans ma chambre, dans le présent. La vache ! J'ai du mal à réaliser ce que je viens de voir. J'essaie de comprendre. Ce centurion romain c'était bien moi. Et pourtant je me sens incapable de faire un truc pareil aujourd'hui. Cette régression me hanta et resta incompréhensible pour moi quelques temps. Jusqu'à une autre régression, plus tard, ou la vision d'une nouvelle vie m'apporta des réponses.

Je sors de nouveau du tunnel du temps. Cette fois mon environnement est serein, silencieux. Je suis agenouillé par terre, habillé d'un vêtement ample et clair. J'ai une barbe et des cheveux longs. Je suis dans un cercle de plusieurs personnes dans la même position que moi et d'apparence semblable. Nous sommes en pleine prière et méditation, dans une lumière diffuse. De grands arbres nous entourent. Nous sommes dans une sorte de sanctuaire au cœur de la forêt. C'est un lieu sacré pour nous, nous sommes des druides gaulois, prêtres et gardiens de la connaissance de notre peuple. Je pense que mon nom est Loïk.
L'image change et m'envoie à un autre moment de cette vie. Je suis toujours agenouillé, cette fois face au tronc et aux racines noueuses d'un arbre immense. A terre devant moi repose un animal, agneau ou chevreau, je ne sais pas. Je tiens une sorte de grand couteau à large lame. Je vais faire un sacrifice à nos dieux, au nom de la communauté. D'ailleurs je me rends compte que derrière moi, une partie de la tribu est réunie pour assister au rituel, femmes et hommes de tous âges. Et j'abats le couteau sur l'animal.
La scène change alors de nouveau. Je suis toujours dans la forêt, mais maintenant je suis vieux, ma barbe a blanchi et je suis amaigri. Et puis je me rends compte que j'ai un problème de vue, c'est perturbant. Et je comprends d'un seul coup : je suis borgne, j'ai un œil laiteux. Je suis assis au pied de mon arbre, alors que quelqu'un approche à travers la forêt. C'est une jeune femme, une amie. Elle s'agenouille et ouvre sa besace pour me donner un peu de nourriture. C'est comme ça que je survis, seul au fond de la forêt. Ce n'était pas comme ça avant. Avant je vivais au village avec les autres et la forêt était notre église. Aujourd'hui je ne peux plus vivre parmi les miens et pratiquer notre religion. Les romains nous en empêchent et nous persécutent. Je n'ai pas d'autre choix que de me cacher en vivant en ermite. Heureusement des personnes comme cette jeune femme prennent encore soin de moi.


La régression s'arrêta là. Voilà donc le druide gaulois Loïk, persécuté par les romains, qui doit se terrer au fond de la forêt. Et Gracius le romain, lui, a participé à la conquête de la Gaule et torturé des prisonniers. Ces deux hommes sont de parfaits opposés. Et pourtant ils sont censés être l'incarnation de la même âme, la mienne. Comment c'est possible ?! D'abord, il faut constater qu'habituellement on ne se souvient pas de ses vies antérieures (il y a des exceptions, c'est clair). On vit sa vie sans se souvenir qu'on en a vécu une autre avant. On peut alors suivre une voie bien différente de sa vie précédente en fonction des circonstances, des opportunités, et des influences culturelles et sociales. Ce n'est pas la seule explication, mais avant d'aller plus loin sur ce sujet de l'antagonisme des deux hommes, je vais ajouter quelques détails les concernant. Car j'ai eu des informations supplémentaires par d'autres régressions et quelques recherches historiques.

Concernant Gracius, je pense qu'il a vécu pendant la Guerre des Gaules ou peu après, c'est-à-dire au 1er siècle avant JC. Au début je croyais m'être trompé sur son nom et que ça devait plutôt être Gracchus, un prénom connu chez les romains. Mais j'avais nettement entendu (pour une fois) Gracius. J'ai donc cherché un peu et il s'avère que ce prénom aurait vraiment existé à l'époque. Quant au nom « gaturi », celui de la tribu gauloise, j'ai aussi cherché si ça correspondait à quelque chose. Et j'ai trouvé les Caturiges, qui était une tribu gauloise des Hautes-Alpes dans la vallée de la Durance. Ca collait avec ce que j'avais perçu. Après j'ai revu quelques scènes de vie du centurion avec certains de ses collègues militaires que j'ai recroisés ensuite dans d'autres vies, je le sais maintenant.
J'ai vu aussi Gracius fréquenter un jeune homme, un bel éphèbe avec qui il avait des relations homosexuelles. Ca m'a un peu choqué sur le coup, moi, hétérosexuel convaincu ! Mais après tout, les romains ne faisaient habituellement pas de distinction de sexe dans les relations amoureuses, c'est avéré scientifiquement. Tout est donc normal, et j'ai dû m'y faire. Et ça m'a même obligé à réfléchir à la question. Jusque-là j'avais une tolérance, mais une incompréhension de l'homosexualité. Aujourd'hui je crois que j'ai évolué à ce sujet... les bienfaits des régressions !
Par ailleurs, j'ai vu aussi une période plus tardive de la vie de Gracius, où il n'était plus militaire. C'était en Afrique du Nord ou au Proche-Orient, peut-être aux environs de la venue de Jésus. Mais je n'ai pas plus d'informations à ce sujet.

Passons à Loïk le druide. Il a dû vivre après Gracius, à l'époque de la domination romaine en Gaule. Au début de l'occupation les druides n'étaient pas persécutés, les romains étaient tolérants avec les cultures des peuples soumis. Puis avec les années leur attitude s'est durcie. J'ai retrouvé un texte de Pline l'ancien, écrivain romain, qui dit au sujet de l'empereur Claude qu'« Il abolit entièrement dans les Gaules la religion cruelle et barbare des druides, qu’Auguste n’avait interdite qu’aux citoyens […]. ». L'empereur Claude régna de 41 à 54 après JC. Loïk a donc dû vivre pendant ou après cette période, et si Gracius a bien vécu au 1er siècle avant JC, il a donc dû se réincarner en Loïk à peine quelques décennies après sa mort.
Les gaulois sont des celtes, vous le savez (Non ? Alors maintenant c'est le cas). Les druides étaient entre autres fonctions les prêtres de la religion celtique. Je voudrais revenir sur le sacrifice que j'ai vu dans cette régression. A l'époque où je l'ai faite, j'ai fait des recherches et je me souviens que la communauté scientifique était partagée : la plupart refusait d'admettre que les celtes pratiquaient le sacrifice. Ce que j'avais vu n'était pas fiable historiquement, il y avait de quoi se poser des questions mais j'étais sûr de moi. Or aujourd'hui, vingt ans plus tard, je lis dans les articles scientifiques sur les druides que le sacrifice faisait bien partie de leurs rituels. C'est à présent un fait établi, et ça renforce d'autant plus mes convictions !

Revenons maintenant au thème principal de ce chapitre, ce qui oppose Gracius le romain et Loïk le druide. Si j'ai parlé de ces deux vies, c'est parce qu'elles illustrent parfaitement un phénomène indissociable de la réincarnation, le karma. Le karma est un terme sanskrit (une langue morte d'Inde), et c'est un principe qu'on retrouve dans l'hindouisme, le bouddhisme, et d'autres religions d'Asie. C'est une notion complexe, que je vais essayer d'expliquer simplement sans la dénaturer, telle que je la comprends et avec mes propres mots.
Le karma est à la fois une conséquence et une cause de la réincarnation. C'est le principe par lequel tout acte ou intention provoque une réaction en retour à l'envoyeur. C'est l'illustration des adages tirés de la Bible : "Mais si malheur arrive, tu paieras vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, meurtrissure pour meurtrissure." et « tous ceux qui prendront l'épée périront par l'épée ». Les premiers rédacteurs de la Bible croyaient-ils à la réincarnation ? C'est un autre débat.
Mais même si je fais référence à la Bible, pour moi le karma n'a rien à voir avec la notion de bien et de mal. Je vois plutôt ça comme les vagues créées par une pierre qui tombe dans l'eau. Toute intention, bonne ou mauvaise, génère des ondes de la même façon. Et ces ondes reviennent à intervalles variables à leur point de départ. Plutôt que bien et mal je préfère utiliser les termes taoïstes de yin et yang. A mes yeux, le taoïsme n'est pas manichéen et moralisateur comme d'autres religions et je trouve ça plus réaliste. Le yin et le yang sont deux pôles par rapport à un équilibre, comme le moins et le plus en électricité et magnétisme, le froid et le chaud, le féminin et le masculin, la nuit et le jour, etc. Quand ces deux pôles se neutralisent on est à l'équilibre. Si l'équilibre est brisé et que l'on penche vers le yin ou le yang, il finira par se rétablir en faisant des variations alternées entre les deux pôles. C'est comme quand on utilise une boussole. L'aiguille aimantée va osciller à droite et à gauche alternativement jusqu'à s'arrêter dans la direction du nord magnétique. Les vagues générées par la pierre tombant dans l'eau sont des oscillations entre le yin et le yang, qui finissent par s'arrêter à l'équilibre lorsque l'eau redevient plane. Je crois que c'est la meilleure explication que j'ai trouvée pour la loi du karma. Elle est toute personnelle, je ne l'ai vue nulle part ailleurs, mais je trouve qu'elle résume bien le karma qui vous revient en pleine face par vagues sur plusieurs vies. Celui qui tue par l'épée périra par l'épée, celui qui donne à autrui recevra d'autrui, et celui qui est bourreau ou persécuteur dans une vie sera probablement victime ou harcelé dans une autre vie. Et voilà pourquoi le romain est revenu vivre dans la peau du druide. On peut aussi constater l'existence du karma dans une même vie. La vie n'est pas un long fleuve tranquille, c'est une succession de beaucoup d'actes et de décisions qui trouvent leur retour dans la vie présente. Je pense que seuls les karmas non résolus et les plus importants suivent l'âme au-delà de la mort. Dans le cas de Gracius, ses actes cruels ont eu des conséquences qui se sont manifestées dans sa vie suivante. Il s'est retrouvé lui-même dans la peau du persécuté. Et ça sert à quoi me direz-vous ? A le punir ? Non, bien sûr. Le karma donne l'occasion à l'âme de tirer une leçon de ses actions. L'âme de Gracius a eu la possibilité d'apprendre de ses erreurs, et ce même sans se souvenir consciemment de sa vie antérieure, car la conscience profonde, elle, emmagasine tout. Est-ce qu'elle a compris ? Pas sûr. Car sans rentrer dans des détails intimes, je peux dire que les actes commis par le centurion romain ont affecté encore ma vie d'aujourd'hui, psychologiquement et physiquement. Ca aurait même pu être fatal. Je n'en dirai pas plus parce que je ne me sens pas prêt à dévoiler ma vie privée actuelle plus que ça. Parler de ses vies antérieures est une chose, parler du présent en est une autre. En tout cas, ça montre que même en ayant connaissance des problèmes de ses vies antérieures, il y a quand même du travail à faire sur soi dans le présent pour tout résoudre.
Je disais plus haut que le karma est la conséquence mais aussi la cause de la réincarnation. Et oui, si après la mort l'âme se retrouve déséquilibrée entre yin et yang avec des dettes karmiques, elle aura besoin de rétablir l'équilibre en retournant dans le monde matériel. Elle pourra alors subir ses retours de vagues. Encore une fois cette explication est toute personnelle, mais elle a pour moi l'avantage d'éviter un quelconque jugement céleste, trop arbitraire à mon goût. Et Dieu dans tout ça, me direz-vous ? A-t-il sa place dans cette histoire de réincarnation ? Vaste débat, j'essaierai d'y répondre plus tard. En tout cas vous remarquerez que dans le christianisme on pèse les âmes sur une balance après la mort. La notion d'équilibre est là. La religion chrétienne comporte beaucoup de vérités qui ont simplement été déformées avec le temps.

Vu comme ça, le karma serait presque un principe mécanique. Mais quand on retrouve ses vies antérieures il y a bien plus que ça. Il y a parfois une force émotionnelle qui a elle seule vous fait dire que ces souvenirs sont bien réels. C'est ce que je montrerai dans le prochain article, avec une autre vie sur laquelle j'ai beaucoup de détails.


2- le trappeur, et ma découverte de la réincarnation


A vingt ans, pour moi la réincarnation ce n'était rien de plus qu'un folklore indien ou tibétain. Je n'avais aucune conviction religieuse et j'étais même plutôt athée. Ce n'est pas que je ne me posais pas de questions bien sûr. Comme tout le monde je m'interrogeais sur le sens de la vie. On se demande tous un peu pourquoi on est là, non ? Et comme tout le monde, ou presque, je n'avais pas de réponse. Or j'étais à l'université à l'époque, et je n'avais ni le temps ni le courage de courir après ces réponses. La société nous pressait de trouver un boulot, de fonder une famille, et de faire comme tous les autres. On y arrive plus ou moins, et pour moi c'était plutôt moins que plus. Combien de fois je me suis demandé ce que je foutais sur cette Terre ?

Le changement a commencé quand j'ai eu entre les mains un livre de Patrick Drouot qui parlait de réincarnation. Je ne sais pas pourquoi j'ai lu ça, ce n'était pas mon type de lecture. C'est sans doute parce que ma mère me l'avait prêté (on ne dit pas non à sa mère, n'est-ce-pas ?). Habituellement je lisais plutôt du fantastique ou de la science-fiction. Vue sous cet angle, cette histoire de réincarnation était plutôt sympa. Mais voilà, je me suis laissé prendre au jeu. Car Patrick Drouot avait une manière quasi scientifique d'expliquer les choses, et ça me parlait. Il expérimentait et envisageait les diverses possibilités sans imposer quoi que ce soit. J'aimais ça. Je n'ai jamais été enclin à croire ce qu'on nous impose sans explication, et c'est sûrement pour ça que je n'ai jamais adhéré à la religion. Là, le type exposait les faits tout simplement, et il y avait une explication théorique qui tenait sérieusement la route. A la fin de ce bouquin, j'étais « sur le cul », comme on dit. Je tenais enfin une théorie spiritualiste qui ressemblait à quelque chose de cohérent. C'était bien beau, mais je n'étais pas encore tout à fait convaincu. Parce que si je m'arrêtais là, ça ne serait rien de plus qu'une croyance comme une autre. Par chance, dans son livre Drouot exposait sa méthode pour faire régresser ses patients dans leurs vies antérieures, comme il disait. Et j'avais l'impression qu'il pouvait être possible de pratiquer sur soi-même cette « régression », sorte de technique de méditation ou d'auto-hypnose. Mais je me foutais bien du nom, ce qui m'intéressait c'était le résultat.

A l'époque je logeais seul dans un petit appartement, et j'avais commencé à travailler avec des horaires de bureau tranquilles. Je crois que ce livre m'était tombé entre les mains au bon moment. Les conditions étaient réunies pour que je réussisse mon expérience. Il fallait avoir un petit coin tranquille, un cocon à soi, et du temps à disposition. J'avais tout ça.
Une chose importante avant de se lancer dans une régression, c'est qu'il faut choisir un élément de concentration, quelque chose qui peut avoir un lien avec une vie antérieure. Ca peut être un être cher (votre mamie adorée, un ami qui est comme un frère), une passion inexplicable (Vous adorez les chapeaux de cow-boy depuis tout petit ? Vous rêvez de visiter le Zimbabwe depuis toujours? ), un trait physique ou moral particulier (Vous avez peur de l'eau sans savoir pourquoi ? Vous avez une tâche de naissance en forme de cloche?), etc. Je reviendrai plus tard sur ces liens entre passé et présent. En tout cas, le choix de cet élément est important. Il va permettre au moteur de recherche de votre conscience de se focaliser sur une donnée sans se perdre dans un magma d'informations. Par commodité, j'appelle cet élément le focus. Sans ce focus, la tentative de régression risque de ramener un mélange d'images chaotique. J'avais des éléments de ma vie que je brûlais d'envie de prendre tout de suite comme focus, des choses très importantes pour moi. Mais j'avais peur de fausser tout le processus si je prenais d'emblée un truc trop fort émotionnellement. Je pourrais les tester plus tard si le premier essai était concluant. Je préférais choisir quelque chose de moindre importance pour un début. Or depuis longtemps j'avais une passion pour les loups. J'ignorais pourquoi, mais cet animal me fascinait plus que tout autre. Je m'en sentais proche. Cette passion serait mon focus pour ma première tentative de voyage dans le passé, c'était décidé.

Prêt pour l'expérience, allongé sur mon lit et volets à demi-fermés (la pénombre aide à se détacher du présent), je commençai le travail de méditation. Je ne vais pas détailler maintenant tout le processus de régression, j'y reviendrai plus tard. D'après P. Drouot, il y avait peu de chances que le premier essai donne un résultat spectaculaire. L'exercice devait devenir plus facile avec la pratique. Je ne m'attendais donc pas à quelque chose d'extraordinaire du premier coup. Lorsque la phase de méditation arrivait à son point crucial, il fallait traverser mentalement le « tunnel du temps », passage spirituel qui devait m'amener dans le passé. Je gardais à l'esprit mon focus, l'image d'un loup, et je m'engouffrai dans le tunnel à toute vitesse.

A la sortie du tunnel, tout devint calme autour de moi. Au tout début je ne vis rien. Les sensations arrivaient petit à petit, comme si toute une scène se construisait brique après brique. Je vis d'abord mes mains, burinées et couvertes de poils blonds, puis mon corps, que je ressentis grand et costaud. J'avais de longs cheveux en bataille et une barbe blonde, et je portais des vêtements de cuir, et une carabine. Autour de moi des arbres apparurent, c'était une grande forêt sous la chaleur de l'été. A côté de moi j'aperçus une forme se déplacer, comme un chien. Mais non, ce n'était pas un chien ! C'était un loup bien sûr, ou plutôt une louve. C'était une femelle, l'information me vint à l'esprit comme ça, tout naturellement. Je m'agenouillai et me mit à caresser le pelage gris de l'animal. Elle était apprivoisée et se laissa faire. J'étais son maître.
La scène changea d'un coup pour faire apparaître l'endroit où j'habitais. C'était une maison de bois toute simple, une sorte de cabane de chasse en haut d'une colline boisée. Je savais qu'une rivière coulait à peu de distance, et qu'un bourg se trouvait plus loin, à quelques heures ou jours de marche. J'étais au Canada, j'en étais sûr, et plus particulièrement au Québec, à l'embouchure du St Laurent. Un nom se fit entendre dans ma tête, mais je le percevais mal, comme si quelqu'un le prononçait avec une patate chaude dans la bouche. Ca se terminait par quelque chose comme « -amis ». Ce qui était sûr, c'est que j'étais un trappeur. Je chassais les animaux pour revendre leurs peaux en ville. Et dans ce boulot j'avais à mes côtés ma louve et ma fidèle carabine Winchester 30/30.
Le temps avança encore d'un coup. Je me retrouvai dans la même forêt mais couverte de neige cette fois, dans le froid de l'hiver canadien. Je marchai dans l'épaisse couche blanche, couvert de cuir et de fourrures, suivi de ma louve. Tout à coup quelque chose attira mon regard : une main humaine sortait de la neige. Je m'approchai, je creusai autour et je finis par dégager le corps d'un homme brun et barbu. Il respirait encore, vivant mais inconscient. Il fallait que je le transporte pour le faire soigner. Dans cet environnement hostile, ce n'était pas une mince affaire ! Je le portais comme je pouvais, mais je me mettais en danger moi-même en voulant l'aider. Pourtant je ne pouvais pas le laisser là. Et crac ! Ce qui devait arriver arriva. Brusquement la neige s'affaissa sous mes pas, et je m'effondrai avec mon chargement pour glisser le long d'une pente raide. Dans une avalanche de neige et de roche, je m'écrasai comme une merde sur un sol de galets, au bord de la rivière. J'avais dû me blesser dans la chute parce que je n'arrivais plus à bouger. J'étais encore conscient et je tentai d'appeler à l'aide, en vain. Il n'y avait pas âme qui vive à des kilomètres. Mon agonie dura de longues heures. Heureusement (ou pas ?), je ne vis pas ma fin car je sortis alors doucement de ma méditation.


Je restai un moment à reprendre mes esprits, perplexe. L'expérience était différente de ce à quoi je m'attendais. J'avais l'impression de ne pas être vraiment « parti », d'être toujours resté conscient du présent en même temps que je voyais le passé. Et pourtant ça avait été très intense. Avant de commencer je m'imaginais que j'allais voir des choses hors du commun, des images défiler devant mes yeux comme par magie. Et ce n'est rien de tout ça ! C'est beaucoup plus simple, ce qu'on voit ressemble complètement à un souvenir comme un autre. C'est peut-être pour ça que la plupart des gens s'imaginent ne pas pouvoir faire ce type d'expérience. Ils croient que ce sont des sensations extraordinaires, alors qu'il faut juste se mettre à l'écoute de son moi profond. Pas besoin d'être medium, ni d'avoir de don particulier pour ça, c'est accessible à tous. Pour expliquer ce que j'ai vu, la meilleure comparaison serait celle d'un rêve. Ca ressemblait à un rêve éveillé. Un rêve peut être évanescent comme il peut être intense et très vivant. La régression dans une vie antérieure, c'est pareil.
Sur le coup j'étais surpris. Je n'avais pas espéré voir tant de choses du premier coup, et je me demandais si c'était bien réel, si j'avais vraiment revu une de mes vies passées. Un nom me vint à l'esprit pour ce trappeur : « Joe ». Je ne sais pas si c'était vraiment son nom, mais ça lui allait bien. L'expérience était de toute évidence un succès, et malgré tout je n'étais pas complètement satisfait. J'avais encore des doutes. Cet homme des bois avait-il réellement existé ? Ou était-il juste sorti de mon imagination ? Il fallait que je vérifie. Les informations précises que j'avais c'est qu'il vivait au Québec à l'embouchure du St Laurent. A quelle époque ? L'homme était blanc et maniait la carabine, carabine pour laquelle j'avais nettement perçu un nom : Winchester 30/30. Ce détail me laissait sur le cul. Je n'avais aucune connaissance des armes à feu. J'aurais peut-être pu entendre ce nom dans un western ? C'était possible, et mon cerveau aurait enregistré l'information. Mais l'indice restait valable quand même. Je fis des recherches, et je découvris que la 30/30 Winchester est le calibre d'une munition apparue à la fin du 19e siècle. Et la première carabine compatible avec ces munitions est la Winchester modèle 94, créée comme son nom l'indique en 1894. Ce que j'avais vu de Joe le trappeur ne pouvait donc se situer qu'après cette date.
L'autre indice intéressant était le nom que j'avais entendu « ...amis », qui pouvait correspondre à un lieu de l'époque. Je suis allé faire des recherches dans une grande librairie parisienne, la F...C pour ne pas la citer. Je passais des heures à consulter un tas de livres, je n'avais pas internet en ce temps-là (ça ne me rajeunit pas!). Et j'ai trouvé une bourgade sur la rive nord du St Laurent dont le nom est Betsiamites. Une autre petite ville du secteur s'appelle Rivière-du-Loup. Ca ne prouvait rien bien sûr, mais quelles coïncidences ! Aujourd'hui en écrivant cet article, j'ai enfin internet (!) et je peux compléter mes recherches en gagnant un temps fou. Il s'avère que Betsiamites est une réserve autochtone à l'embouchure de la rivière du même nom. En 2009 Betsiamistes a changé de nom pour Pessamit, et l'ancien nom de la rivière est Bersimis. Les autochtones qui habitent ces lieux sont les innus ou montagnais. Tous ces noms me parlent étrangement, c'est dingue ! Joe n'était pas autochtone, c'est-à-dire indien d'origine, j'en suis presque sûr. Mais il était sûrement en contact avec eux. D'ailleurs j'ai trouvé quelques phrases de la langue innu sur le net et j'ai trouvé que ça m'évoquait quelque chose. Le trappeur avait très bien pu maîtriser cette langue pour communiquer avec ses voisins.
A l'inverse, le nom de Rivière-du-Loup est une drôle de coïncidence mais ça ne me parle pas plus que ça. Sûrement une fausse piste. Aujourd'hui je commence à me familiariser avec ces sensations de déjà-vu, et j'arrive plus ou moins à les reconnaître. J'ai donc retrouvé l'époque et sans doute le lieu de vie du trappeur. Mais le nom «...amis » a sûrement aussi une autre signification. J'y reviendrai dans un prochain article car c'est lié à une autre vie.

En tout cas, cette vie de trappeur semblait plausible. Ces premières visions me donnèrent envie de continuer l'exploration de mes vies antérieures. C'est ce que j'ai fait et s'en sont suivies beaucoup d'autres découvertes étonnantes. Je les raconterai dans les prochains articles. Je vais d'abord m'attarder sur Joe, car dans d'autres régressions j'ai revu d'autres souvenirs concernant cette vie. J'ai vu notamment des images de son enfance dans une famille nombreuse plutôt pauvre. Ils vivaient dans une chaumière, on se serait cru dans du Zola. Puis j'ai vu des personnes qu'il avait côtoyées dans sa vie d'adulte, notamment un gars qui a partagé sa cabane de chasse. C'était un homme grand et barbu, brun, peut-être un frère ou en tout cas quelqu'un de proche. Il y avait aussi un vieux chercheur d'or qui creusait seul dans les parois rocheuses des alentours, un homme aux cheveux gris courts et aux petites lunettes rondes. Nous avions des relations amicales de voisinage.
Ces deux personnes sont sûrement des gens que j'ai retrouvé dans ma vie d'aujourd'hui, mon petit frère disparu pour le premier, et un ami très proche pour le second. Il arrive souvent qu'on retrouve des personnes proches de vie en vie, et j'y ferai souvent référence. Mais j'y reviendrai plus tard, ce sera aussi le sujet d'un prochain article.

Mais avant d'aller plus loin, je voudrais expliquer un peu le principe de réincarnation. Il y a beaucoup de fausses idées là-dessus. L'idée de réincarnation, ou métempsycose, ou transmigration des âmes, a de multiples facettes, notamment dans l'hindouisme et le bouddhisme. Mais quelles que soient ses variantes, cette philosophie va apparemment à l'encontre des fondements de notre culture occidentale. C'est complètement faux ! En fait la croyance en la réincarnation a disparu en occident avec l'expansion du christianisme. Mais auparavant les celtes y croyaient déjà, et même Platon parlait de réincarnation. C'était une idée assez répandue avant l'ère chrétienne. Ma vision de la réincarnation est celle de Patrick Drouot, qui est en gros celle qui se répand sans bruit dans notre civilisation depuis le 19e siècle. Je m'explique. Joe le trappeur a vécu bien avant ma naissance, alors comment je peux affirmer que nous sommes une seule et même personne ? Physiquement il ne me ressemblait pas, et d'un point de vue purement organique nous étions bien deux corps différents. Ce qui nous lie alors va au-delà du corps physique. C'est ce qu'on peut appeler la conscience ou l'âme, qui est le siège de la personnalité, du moi profond, des souvenirs, en bref tout ce qui constitue un être conscient à part entière. Le corps physique, lui, n'est qu'une sorte de véhicule pour se mouvoir dans le monde matériel. Il est périssable, alors que la conscience est immortelle. Cette âme s'incarne à la naissance dans un corps humain puis elle le quitte à sa mort. Jusque-là on retrouve le concept d'âme commun à de nombreuses religions. Sauf que pour se réincarner, l'âme ne va pas se rendre dans un quelconque paradis pour l'éternité. Elle retourne bien dans une sorte d'au-delà, mais après un temps plus ou moins long, quelques mois ou années, elle va choisir un nouveau corps pour vivre une nouvelle vie. Elle s'incarne alors dans un fœtus ou un nouveau-né et rebelote. Voilà, la réincarnation est un cycle de naissance-vie-mort-renaissance et ainsi de suite. Bon, tout ça est expliqué très simplement de façon schématique, je suis d'accord. On n'explique pas tous les mystères de l'âme en quelques lignes, ce serait un peu facile. Je vais approfondir les choses dans les prochains articles, et aborder des points précis du principe de réincarnation en m'appuyant sur des exemples concrets, mes propres souvenirs de vies passées récoltés au cours de dizaines de régressions.

Après ce que je venais de retrouver de ma vie de trappeur au Québec, j'étais à peu près certain qu'il y avait là une vérité, et qu'il fallait pousser mes explorations plus loin. Je voulais en découvrir plus sur mon passé lointain.